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Sortir du piège néo colonial de l’Accord de Cotonou


Rédigé le Lundi 2 Octobre 2017 à 10:39 | Lu 84 commentaire(s)



Sortir du piège néo colonial de l’Accord de Cotonou
L’article 95 de l’Accord néolibéral de Cotonou dispose que « Dix-huit mois avant l’expiration du présent accord, les parties entament des négociations en vue d’examiner les dispositions qui régiront ultérieurement leurs relations. ». Le même article 95 déclare que l’Accord de Cotonou « (…) est conclu pour une période de vingt ans à compter du 1er mars 2000. » 
A un an de la période de 18 mois qui marquera le démarrage des négociations en vu d’examiner les dispositions qui régiront ultérieurement les relations Afrique Caraïbe Pacifique-Union Européenne (ACP-UE), les peuples des Etats ACP doivent commencer l’évaluation de l’Accord néo colonial de Cotonou et la définition des perspectives qu’ils comptent donner aux relations avec l’un des membres de la Triade qu’est l’Union Européenne impérialiste. 
L’Accord de Cotonou est le nom donné au plan européen de rapine des pays ACP pour la période 2000-2020. En signant les 100 articles de l’Accord de Cotonou les dirigeants ACP ont validé les idées dominantes des classes dominantes de la planète Terre et par conséquent les politiques d’exploitation et d’oppression de leurs peuples. On n’y parle de lutte contre le terrorisme et d’atténuation du changement climatique en évitant soigneusement de dire que les pompiers UE sont en réalité des pyromanes. 17 ans après, la situation en Afrique de l’Ouest est tout le contraire des promesses contenues dans l’Accord de Cotonou et celle-ci pose aujourd’hui plus qu’avant la nécessité de transformer structurellement les relations entre l’Afrique et le reste du monde. 
  
Dans différentes parties de cet Accord il est question de « éradiquer la pauvreté », « contribution significative au développement économique, social et culturel » (Préambule), « de promouvoir et d’accélérer le développement économique, culturel et social des Etats ACP, de contribuer à la paix et à la sécurité (…) », d’un « partenariat centré sur l’objectif de réduction et, à terme, à l’éradication de la pauvreté (…) » (Articles 1-19-34). 20 ans après, il faut se demander est-ce que l’Afrique de l’Ouest connaît une accélération du développement économique, social, une réduction de la pauvreté, un renforcement de la sécurité, de la paix… 
L’éradication de la pauvreté est le nouveau fardeau de l’homme capitaliste qui assume cette responsabilité en apportant le développement économique et social comme il prétendait apporter la civilisation pour justifier esclavage et colonisation. 
L’objectif réel de l’Accord de Cotonou tient en très peu de mots : « libéraliser le régime du commerce (…) » (article 21) par une « intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale » (qui apparaît une fois dans le Préambule, deux fois dans l’article 1, une fois dans l’article 28, deux fois dans l’article 34, une fois dans l’article 36…), en réalisant « une croissance économique soutenue » (articles 1et 20). LIBERALISATION comme CIVILISATION. Dans tout le document de l’Accord de Cotonou le lecteur au fil des articles subi un martellement – quelle obsession ! -  par les expressions « éradiquer la pauvreté » et « intégrer les pays ACP » pour le convaincre du mythe de l’Afrique marginalisée – qui joue le même rôle que le mythe de l’Afrique non civilisée -  afin de mieux le duper pour mieux plumer les peuples africains. L’Afrique est marginalisée et de cette marginalisation découlerait sa situation et donc la pauvreté que vivent ses peuples. 
  
Comme nous le rappelle Ndongo Samba Sylla, « A parler en toute rigueur, la marginalisation de l’Afrique par la mondialisation est une thèse formellement non soutenable. Comme le souligne Thandika Mkandawire (2005: 26) : « Il y a quelque chose d’illogique à juxtaposer la mondialisation et la marginalisation. Soit le processus est « global » et inclut alors tout le globe. Soit il est partiel, marginalisant de ce fait certaines parties de la planète. » En l’occurrence, pour les défenseurs de cette thèse, ce qui comptait c’était moins sa force logique ou sa solidité empirique que ses implications en termes de politique économique : l’Afrique doit devenir « intéressante » et « profitable » sous peine d’être laissée en rade par le train de la « mondialisation » qui est tout sauf clémente envers les retardataires. Pour cela, les économies africaines doivent être libéralisées davantage si elles veulent faire face à une compétition mondiale féroce. ». 
  
Quel est le seuil de non-marginalisation  de l’Afrique et pourquoi ? Justement c’est l’occasion de se demander pourquoi rien n’est chiffré dans cet Accord de Cotonou ? Réduction de la pauvreté jusqu’à quel niveau et dans quel délai ? Eradication de la pauvreté dans quel délai ? « Intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale » jusqu’à quel seuil ? 
  
« Si, pour l’Afrique, avoir une part moyenne de 2,8% dans le commerce international de marchandises durant la dernière décennie, c’est être marginalisé, que dire alors des États-Unis qui tout en représentant un peu plus d’un cinquième du PIB mondial n’ont pesé « que » 9,5% des exportations mondiales ? 
De même, si l’on étudie le poids du commerce international et des IDE en relation avec le PIB et le taux d’investissement, on s’aperçoit que l’Afrique est et a toujours été l’une des régions les plus ouvertes et les plus dépendantes au monde. Le ratio commerce/PIB de l’Afrique subsaharienne se situait durant la dernière décennie aux alentours de 66% contre 54% pour la moyenne mondiale. » (Ndongo Samba Sylla) 
  
« Contrairement aux perceptions du sens commun, la plupart des économies africaines affiche un niveau d’intégration au système capitaliste mondial largement supérieur à la moyenne mondiale : la part moyenne du capital étranger dans le taux d’investissement domestique est souvent importante. Tel est le cas durant la dernière décennie dans des pays comme l’Angola (192% en 2003), le Congo (100% en 2005), la République Démocratique du Congo (99% en 2007), Zimbabwe (83% en 2005), le Nigéria (81% en 2005), Tchad (81% en 2002)10. Or, ce ne sont pas là les parangons qu’on a en tête lorsque l’on parle de « mondialisation ». Alors que Maurice est souvent présenté comme un modèle d’ « ouverture économique » (Frankel, 2010), ce ratio est et a toujours été largement inférieur à la moyenne de la région ! Ce qui montre clairement qu’il y a quelque chose qui cloche dans le discours sur la mondialisation et l’ouverture économique. » (Ndongo Samba Sylla) 
  
C’est ce que confirme également Jacques Berthelot quand il affirme que « (…) l'AO et l'AE sont nettement plus intégrés au commerce mondial, total comme alimentaire, que l'UE28, ce qui souligne le mensonge dominant selon lequel le retard de développement de l'ASS est dû à son insuffisante insertion dans le marché mondial. Ce mensonge est reflété dans l'objectif de l'Accord de Cotonou "d'une intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale" et confirmé dans l'accord de l'APE AO de "contribuer à l’intégration harmonieuse et progressive de la région Afrique de l'Ouest dans l’économie mondiale" et dans celui de l'APE EAC de "promouvoir l'intégration graduelle de l'EAC dans l'économie mondiale". 
Ce constat d'une très forte intégration de l'ASS dans le commerce mondial est confirmé par la Banque mondiale pour le ratio des échanges totaux de biens et services sur le PIB de 2016 et par l'OMC pour le ratio des échanges de biens sur le PIB en moyenne de 2014 à 2016. Il en ressort que plus les pays sont développés moins ils sont intégrés aux échanges mondiaux et inversement (il n'y a pas de donnée spécifique pour l'AO). ». 
« En cumulant exportations et importations de 2016 on voit que l'UE est 5,6 fois plus intégrée régionalement que l'AO et 4,3 fois plus que l'EAC, tant dans leurs échanges totaux que dans leurs échanges alimentaires. (…) Il en résulte que l'AO et l'EAC doivent prioriser leurs échanges locaux, nationaux et régionaux et pour cela mettre des freins aux échanges internationaux, en dépit des pressions internationales en sens opposé. A fortiori compte tenu du triple défi démographique, du changement climatique et du déficit alimentaire. ». 
  
L’Accord de Cotonou est le mauvais traitement découlant d’un diagnostic trompeur dont l’objectif est d’obliger les Etats ACP à faire ce que disent les anglais et non ce qu’ils ont fait. (Allusion à un Adage du 19e siècle : « Ne faites pas ce que les anglais vous disent de faire, faites ce que les anglais ont fait »). Qu’est-ce que les anglais ont fait? Ecoutons à ce propos Ulysse Grant : « Pendant des siècles, l'Angleterre s’est appuyée sur le protectionnisme, a mené à l'extrême cette politique et en a obtenu des résultats satisfaisants. Il ne fait aucun doute que c’est à ce système qu'elle doit sa force actuelle. Après deux siècles, l'Angleterre a trouvé commode d'adopter le libre-échange, car elle pense que la protection ne peut plus rien lui offrir. Très bien, Messieurs, ma connaissance de notre propre pays m’amène à croire que, dans 200 ans, quand l'Amérique aura obtenu du protectionnisme tout ce qu'elle peut offrir, elle sera elle aussi en faveur du libre-échange ». 
  
Pourquoi tout d’un coup les préférences commerciales non réciproques accordées aux pays ACP par l’Accord de Lomé sont devenues contraires aux règles du commerce ? 
L’accord de Cotonou est le résultat du changement de rapport de force au niveau international. L’existence d’un camp socialiste a contribué à la décolonisation à la périphérie du système, à l’existence des acquis sociaux au centre du système. Mais également à des Accords comme celui de Yaoundé ou de Lomé pour montrer que le socialisme n’a pas le monopole du cœur et avoir dans son camp ou neutraliser tout au moins des pays qui seraient tentés de rallier  le camp de l’Est. Le passage d’un monde bipolaire à un monde unipolaire avec la disparition du camp socialiste explique le passage des Accords de Lomé à l’Accord de Cotonou. 
A cela il faut ajouter la perte d’importantes parts de marché des pays de l’UE au profit des pays comme ceux du BRICS et les difficultés notamment sociales qu’elle cause. 
  
L’accord de Cotonou est un accord de transition vers un renforcement de la division internationale du travail faisant des pays capitalistes les cavaliers et des Etats ACP les chevaux. C’est un Accord de Troie qui essaie de cacher le principal qui a été fait à Cotonou. L’acceptation par les ACP du principal produit d’exportation de l’UE : le libre-échange (Article 36 annonçant la conclusion de nouveaux APE). 
  
Autant sous le mensonge du fardeau civilisateur de l’homme blanc se cachait le tombeau des civilisations et économies non judéo chrétiennes autant à l’épreuve des faits l’Accord de Cotonou se révèle être un ramassis de contre-vérités qui si rien n’est fait augmentera la tragédie des peuples ACP. 
  
« Pour l'APE d'AO, les pertes annuelles de recettes douanières (RD) sur les importations venant de l'UE28-RU (Royaume-Uni, en tenant compte du Brexit) passeraient de 66 millions d'euros (M€) en T5 (première année de libéralisation, en 2020) à 4,6 milliards d'euros (Md€) en T20 (2035) et 7 Md€ en T35 (2050) et les pertes cumulées atteindraient 32,2 Md€ en T20 et 120 Md€ en T35. Ceci résulte des pertes de RD sur les importations venant de l'UE28-RU ainsi que sur les importations venant du reste du monde et intra-AO en raison du détournement des échanges lié à l'APE. Bien que les importations de l'AO venant de l'UE-RU correspondaient en 2015 à seulement 26,5% de ses importations totales, ses pertes de RD dues à l'APE seraient de 17,4% de ses revenus douaniers nets en T20 et de 20,6% en T35. » (Jacques Berthelot) 
  
Avec les pertes de recettes douanières causées par l’APE, où un pays comme le Sénégal va-t-il trouver suffisamment d’argent pour passer d’un (01) policier pour plus de 5.000 habitants à 1 policier pour 1.000 habitants ? Où des pays comme le Burkina, le Mali et le Nigéria vont-ils trouver l’argent pour faire face au terrorisme ? Et pourtant dans ses objectifs et principes l’Accord de Cotonou dit qu’elle cherche à contribuer à la paix et à la sécurité. 
Où un pays comme le Sénégal va-t-il trouver l’argent pour combler son gap de 4.000 sages femmes ? 
Il y a plus de radiologues dans la ville de Paris que dans toute l’Afrique. 
Il y a un (01) neurologue pour un (01) million d’habitants en Afrique très loin du ratio d’un neurologue pour 100.000 habitants de l’OMS. 
Le Niger a été confronté à une épidémie de méningite pendant laquelle le premier ministre a demandé l’aide internationale pour avoir la moitié des doses de vaccins nécessaires. L’épidémie à virus Ebola a montré jusqu’à quel point le système public de santé en Afrique de l’Ouest est moribond. Comment peut-on envisager de réduire les budgets de santé pour subventionner l’industrie et l’agriculture européennes quand les deux parties ACP et UE proclament qu’elles visent à « améliorer les systèmes de santé, en particulier l’accès équitable à des services de soins complets et de qualité et la nutrition, éliminer la famine et la malnutrition et aussi un approvisionnement et une sécurité alimentaire suffisants (…) » (article 25) ? 
  
Selon la FAO près de 153 millions de personnes, soit environ 26% de la population âgée de plus de 15 ans en Afrique subsaharienne, ont été confrontées à une situation de grave insécurité alimentaire en 2014 et 2015. Si le taux de pauvreté a baissé il demeure le plus élevé au monde. En Afrique subsaharienne, « ce sont 75% des pauvres qui travaillent dans l’agriculture. » ajoute la Banque Mondiale qui nous dit aussi que « les cités africaines sont en effet 29% plus chères que celles des pays à niveau de revenu similaire. (…) » D’après Save The Children, l’Afrique subsaharienne devrait abriter en 2030, presque 90% des 167 millions d’enfants au monde vivant avec moins de 1 ,90 dollars soit 1175 francs cfa par jours. Le dernier enfant supposé sortir de l’extrême pauvreté ne le fera pas avant 2482. Et cet enfant vivra en Afrique. 
L’OMS, le jeudi 17 septembre 2017, nous apprend que 16.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour dans le monde et que les chances de survie d’un enfant varient en fonction de l’endroit où il est né. L’Afrique subsaharienne possède le taux de mortalité le plus élevé au monde avec un enfant sur douze qui meurt avant son cinquième anniversaire, soit plus de 12 fois plus que la moyenne de 1 sur 147 dans les pays à revenu élevé. 
« Notre sous-région est confrontée toutes les années à une insécurité alimentaire. Nous avons près de 20 millions de personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire. Ainsi la situation s’aggrave d’année en année. Elle est surtout accentuée par la croissance démographique qu’on n’arrive pas à maitriser. » (Directrice régionale Afrique de la fédération de la croix rouge Fatoumata Nafo Traoré, mardi 11 octobre à l’ouverture d’un atelier régional axé sur « la sécurité alimentaire/résilience dans la région du Sahel ») 
  
« On ne saurait oublier l'impact catastrophique de l'APE en termes humains puisque, avant même que l'APE soit mis en œuvre, selon FRONTEX les immigrants illégaux dans l'UE arrivés de 5 pays d'AO identifiés (Nigéria, CI, Guinée, Sénégal, Gambie) sont passés de 26 356 en 2014 à 48 662 en 2015 et 91 401 en 2016. Le rapport ajoute : "En 2016 plus de 100 000 immigrants illégaux d'Afrique de l'Ouest ont été détectés". » (Jacques Berthelot) 
  
A propos de l’accès des exportations au marché UE des exportations PMA, si l’on en croit Jacques Berthelot, « De fait les exportations des PMA d'Afrique ont bien moins augmenté vers l'UE28 que vers le monde entier de 2001 à 2016 : 38,5% de moins pour l'ensemble des produits et 43,6% de moins pour les produits alimentaires malgré TSA. Et la part des produits manufacturés dans leurs exportations totales vers l'UE28 a baissé de 34% en 2001 à 20% en 2016. Toutes les ressources mobilisées pour ces exportations ont réduit celles disponibles pour accroitre l'autosuffisance alimentaire. ». 
  
Le commerce intra-communautaire en Afrique de l’Ouest a sensiblement baissé passant de 19,3% en 1995 et même 22,4% en 1997 à 11,3% en 2011. L’objectif de la CEDEAO, rendu chimérique avec les APE, est de passer de 12% à 40% en 2030. 
  
20 ans après l’Accord de Cotonou, les défis auxquels les ACP, particulièrement les pays africains, font face sont encore plus importants. Défi démographique avec une Afrique qui va doubler d’ici 2050. Défi à la fois climatique et alimentaire avec une Afrique qui risque de voir son rendement agricole baisser de 10% au moins avec un réchauffement de deux degrés ce qui accroîtrait le nombre d’africains sous-alimentés estimés aujourd’hui à 240 millions en Afrique centrale, en Afrique de l’Est, et de l’Ouest respectivement de 25%, 50% et 95%. 
  
  
Comment peut-on vouloir sortir l’Afrique du sous-développement et signer un accord qui stipule que « Les traités, conventions, accords ou arrangements conclus entre un ou plusieurs États membres de la Communauté et un ou plusieurs États ACP, quelle qu’en soit la forme ou la nature, ne doivent pas faire obstacle à l’application du présent accord. » (Article 91)? Nous pouvons en effet nous poser la question de savoir pourquoi les chefs d’Etat ACP ont signé l’Accord de Cotonou qui a tous les défauts sauf celui de ne pas être clair ? Mêmes les Etats africains qui ont refusé à un moment donné de signer les APE ainsi que ceux qui ont toujours refusé de signer les APE (Sénégal, Nigéria, Gambie pays de l’Afrique centrale sauf le Cameroun par exemple) ont signé l’Accord de Cotonou. Méconnaissance à l’époque de la signature de l’Accord de Cotonou ou volonté de gagner du temps ou changement de gouvernants ? 
Les Etats ACP ont comme défi principal la transformation de leur rapport avec le reste du monde, l’UE comprise. Cette transformation structurelle passe par la conquête de leur souveraineté économique. Mais également la conquête par les peuples de la souveraineté démocratique. La fin de l’Accord de Cotonou doit être une occasion pour renforcer cette idée : pour une politique commerciale, industrielle, agricole souveraine et populaire. 
Pour les ACP en général et l’Afrique de l’Ouest en particulier, il s’agit pour eux aussi de comprendre enfin que : ‘’Nous avons écouté les muses raffinée de l’Europe pendant trop longtemps. Nous marcherons avec nos propres pieds, nous travaillerons avec nos propres mains, nous parlerons selon nos propres convictions.’’ (Emerson, 1837). 
Les peuples doivent mettre à profit cette période pour évaluer l’Accord de Cotonou. Mais surtout pour en sortir. 
  
  
Dakar, le 1er Octobre 2017 
 
Par Guy Marius Sagna
Coordonnateur de la Coalition nationale NON AUX APE
Membre du Front anti APE anti CFA



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