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20 NEUROCHIRURGIENS POUR 14 MILLIONS DE SENEGALAIS


Rédigé le Mardi 9 Juillet 2019 à 16:39 | Lu 34 commentaire(s)


Au Sénégal certaines disciplines médicales n'enregistrent pas beaucoup de spécialistes. C'est le cas de la neurochirurgie : Le Sénégal ne compte que 20 neurochirurgiens avec trois services concentrés à Dakar.


20 NEUROCHIRURGIENS POUR 14 MILLIONS DE SENEGALAIS

Ainsi on a un neurochirurgien pour 2 millions d'habitants. Les spécialistes misent sur la formation pour combler ce gap. Le président de la société sénégalaise de neurochirurgie revient sur les obstacles qui obstruent la pratique de cette branche médicale. «C’est une spécialité qui est un peu dépourvue dans la mesure où elle ne fait pas partie des priorités des pouvoirs publics. Ce qui les intéresse, c’est les diarrhées, les affections respiratoires chez les enfants, le paludisme entre autres. Mais néanmoins toutes les spécialités se valent. Ce n’est pas bien qu’une personne meure d’une tumeur cérébrale», a regretté Seydou Boubacar Badiane, président de l'Association sénégalaise de neurochirurgie. «Nous ne sommes pas nombreux, on est 20.

Aux Etats-Unis, on dit un neurochirurgien pour 200 000 habitants, au Sénégal c’est un neurochirurgien pour 2 millions d’habitants. Les pays riches peuvent se permettre des choses que les pays pauvres ne peuvent pas. Le plus important est de permettre que la totalité de la population puisse accéder aux soins chirurgicaux spécialisés en particulier. Nous avons trois services de neurochirurgie. Tous les neurochirurgiens étaient concentrés dans un seul service, celui de Fann. Avec le temps, avec la promotion des jeunes, nous avons créé un service au centre d’infection des armées, à l’hôpital militaire sous la supervision du professeur Aziz Diop. Ils ont actuellement trois neurochirurgiens dont une femme. Un autre de mes collègues, professeur Guéye Sakho est allé à Hoggy où il a créé un autre service. Il a avec lui trois personnes, tout le reste est à Fann», informe le neurochirurgien.

«960 interventions effectuées par an»

En listant les problèmes auxquels ils sont confrontés, M. Badiane a souligné : «c’est bien que le service soit démultiplié, mais le problème reste entier, tous les services sont à Dakar. Quand les gens qui ont des moyens quittent leur pays pour se soigner dans un autre, c’est un choix. Il y a juste que quand c’est l’Etat qui doit prendre en charge le patient, il peut dire : ‘je ne peux pas payer pour que les gens aillent se faire soigner à l’extérieur alors qu’ils peuvent le faire ici’. Mais il faut qu’il mette les infrastructures, les équipements de façon à ce que tout le monde puisse se soigner». D'après le spécialiste, il y a également l’absence de confiance dans nos hôpitaux et nos médecins. Il y en a d’autres aussi qui, pour une sinusite, vont à l’extérieur. Le problème peut être aussi lié au plateau technique. «On opère 20 patients par semaine, ce qui fait 80 malades le mois. Cela fait 960 l’année, dans notre service. On ne compte pas les petites interventions et autres. Donc cela fait presque un millier d’interventions par an, c’est très bien.

Dans les autres pays, les gens se relayent mais ce n’est pas le cas ici parce qu’on n’est pas nombreux. On n’a pas de système de garde et ceux qui opèrent dans la journée, quand il y a des problèmes c’est eux qu’on appelle et le lendemain, ils doivent se préparer pour opérer à nouveau», révèle le neurochirurgien. L’autre chose dit-il, «c’est quand vous amenez un homme en réanimation, le prochain malade qui vient, on ne peut pas inventer un lit. Donc soit il attend ou il ne va pas bénéficier de soins parce qu’on ne va pas débrancher celui qui est sur le lit. C’est le problème que pose le manque d’équipements et d’infrastructures et de ressources humaines. Quand on voit une ambulance arriver avec un malade et faire le tour des hôpitaux par manque de places, cela émeut tout le monde parce que ce n’est pas normal. Quand il y a un service d’urgence d’une centaine de lits pour des milliers de personnes, il y aura toujours des problèmes». Mais, le problème peut trouver solution dans un futur proche. «Le chef de l’Etat nous a reçus avec une délégation des collègues qui viennent de New York. Il a été sensibilisé sur la neurochirurgie et sur les questions de mieux développer cela. On a son accord pour nous construire un centre d’excellence. Nous voulons que ça soit un centre up date. Nous aurons tout le plateau technique dont nous avons besoin dans ce centre», a annoncé le neurochirurgien.



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