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Ah ! le piège (Par Jean-Marie François Biagui)


Rédigé le Mercredi 30 Janvier 2019 à 23:27 | Lu 266 commentaire(s)



Ah ! le piège (Par Jean-Marie François Biagui)
Nous aurions aimé qu’il se taise. Mais non ! il remet ça. Lui, c’est Moustapha Cissé Lô. Et il y va sans sourciller, quoiqu’un peu groggy. 
  
« Je présente mes excuses à mes amis et à mes fans qui se sentent touchés par mes propos (selon lesquels « les supporters casamançais de Ousmane Sonko sont des rebelles »). J’œuvre pour la paix en Casamance… », se repent-il. 
  
Feignant d’ignorer que tout leader politique sénégalais qui se respecte a « son » MFDC, dans la foulée, il précisera sa pensée, arguant en l’occurrence que Ousmane Sonko « a reçu des irrédentistes chez lui ». 
  
N’a-t-on pas dit, à satiété, quelques jours auparavant, que le candidat à la Présidentielle, Madické Niang, « a reçu une délégation du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) », lors de sa tournée politique en Casamance ? 
  
Sauf que le candidat Ousmane Sonko n’est pas qu’un leader politique sénégalais. Il est aussi, et avant tout, un Casamançais. 
  
Ainsi, Ousmane Sonko a-t-il reçu chez lui des « Rebelles casamançais ». C’est du moins ce dont Cissé Lô a cru devoir accuser le candidat à la Présidentielle, quand il présentait ses excuses à ses amis et à ses fans. Et sans doute s’imagine-t-il que cela va soulager son monde, sinon lui procurer du plaisir. 
  
Son monde ! disions-nous. Celui précisément de la Casamance, où, depuis le déclenchement en 1982 de la « crise casamançaise », dégénérée en un conflit armé, les Casamançais ont gagné tout au moins une chose : aller d’un point A à un point B sans se croiser. En quelque sorte, sans faire attention aux autres. Car le danger est partout : s’il n’est pas dans le camp du MFDC, il est forcément dans celui de l’Etat, alors incarné par des autorités qui ont cette fâcheuse particularité en Casamance, non pas d’administrer la Casamance et les Casamançais, mais de les « dompter ». 
  
Naturellement, dans cette Casamance-là, il y a quelque chose qui a, tout à la fois, l’avantage et l’apparence de faire l’unanimité : s’indigner à l’évocation du vocable ‘‘rebelle’’. Et plus vous éprouvez et exprimez votre aversion à l’égard des « Rebelles casamançais », plus grande encore est votre « qualification » quant à votre capacité d’indignation à leur encontre, non compte tenu de ce que vous y gagnerez le sentiment agréable et jouissif d’être bien vu et apprécié des autorités. 
  
Mais gare à vous, si,a contrario,vous y opposez quelque indifférence apparente. Et peu importe, si elle n’est qu’apparente. C’était vrai hier, ça l’est encore aujourd’hui. 
  
L’on peut donc comprendre, aisément, à quel point toutes réactions aux propos « insultants » de Cissé Lô, d’où qu’elles émanent, peuvent s’avérer blessantes pour les « Rebelles casamançais ». 
  
A propos, la « Rébellion casamançaise » n’est pas que contre-productive. Vue sous l’autre angle, on soutiendra qu’elle n’est pas que productive. Tout simplement, parce qu’elle a un passif et un actif, nécessairement, que chacun peut du reste évaluer, en toute liberté, objectivement, ou subjectivement. 
  
Il n’en demeure pas moins que, entre les « Rebelles casamançais » et l’Etat, il y a les autres Casamançais. Mais il y a, aussi, tout un terreau propice à la schizophrénie ; c’est-à-dire à cette espèce de « psychose délirante chronique caractérisée par une discordance de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde extérieur ». 
  
Dakar, le 30 janvier 2019. 
  
Jean-Marie François BIAGUI 
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF) 



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