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Couple : Quel rythme sexuel adopter ?


Rédigé le Jeudi 9 Janvier 2020 à 16:21 | Lu 993 commentaire(s)



Couple : Quel rythme sexuel adopter ?

Le rythme des rapports sexuels est une question qui revient souvent dans la vie des hommes et des femmes. Cette question sur le sexe divise souvent les partenaires. Chacun définit un seuil à partir duquel  il considère  la fréquence des rapports sexuels comme une addiction au sexe. Jetons un regard sur les études menées en ce sens au sein de la gente masculine, et ce d’autant plus que chez les hommes la prostate y joue un rôle majeur.

Existe-il un lien entre rapports sexuels et cancer de la prostate ?

Les académies de médecine conseillent généralement trois (3) rapports sexuels par semaine. Ce chiffre de 3 rapports sexuels par semaine est fourni par les urologues.
les Urologues sont les médecins spécialistes des voies urinaires de l’homme dont fait partie la prostate. Ils auraient constaté que les hommes qui auraient des rapports sexuels à cette fréquence conservent leur appareil génito-urinaire en bon état de marche. Ce conseil s’adresse toutefois aux personnes en bon état de santé physique.

En effet, les urologues se sont aperçus que l’éjaculation masculine contribue à réduire le nombre de cellules vieillissantes présentes au sein de la prostate. Or la concentration en substances cancérigènes de ces cellules accroît le risque de voir survenir un cancer de la prostate.

La prostate est une glande située dans le petit bassin et qui joue un rôle fondamental dans le système génital masculin. Elle produit le liquide séminal qui est l’un des composants du sperme. La prostate assure avec les spermatozoïdes, qui eux sont fabriqués dans les testicules, la fonction reproductrice chez l’homme. C’est en se contractant que la prostate permet l’éjaculation.

Prostate

 

Ainsi, avoir en moyenne trois (3) rapports sexuels par semaines ou au moins un (1) rapport sexuel tous les 3 jours permet donc de réduire le risque de faire un cancer de la prostate.

Faut-il plus de rapports sexuels pour réduire le risque de cancer de la prostate ?

Au vu de ces recommandations académiques qui datent de plusieurs années, plusieurs équipes médicales ont mené des recherches afin de déterminer le nombre de rapports sexuels qui réduit le risque de cancer de la prostate.

Ainsi, des chercheurs de l’université de Harvard (Etats-Unis) ont publié les résultats de leurs études dans la prestigieuse revue European urology  du mois de décembre 2016.

Ils y expliquent que les hommes qui éjaculent au moins 21 fois par mois, ont moins de risque d’avoir un cancer de la prostate par rapport à ceux qui le font moins.

Pour mener à bien cette étude, les scientifiques ont suivi 31 925. La fréquence d’éjaculation mensuelle moyenne a été évaluée à trois moments : 20 à 29 ans, 40 à 49 ans et l’année précédant la distribution du questionnaire. Toutes ces personnes ont noté dans un dossier, le nombre d’éjaculations qu’elles ont eu durant toute la période de l’étude. Ces éjaculations pouvaient avoir été obtenues soit dans le cadre d’une relation de couple, soit lors d’une masturbation. L’étude s’est étendue sur 18 ans puisqu’elle s’est déroulée de 1992 à 2010. Durant cette période, il a été diagnostiqué un cancer de la prostate chez 3 839 participants à cette étude, et 384 sont décédés.

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Les résultats font ainsi ressortir que le fait d’éjaculer au moins 21 fois par mois fait baisser de 22% le risque de cancer de la prostate par rapport à ceux qui n’ont éjaculé que 4 à 7 fois au cours la même période.

Donc en dessous de 7 éjaculations par mois le risque de cancer de la prostate augmente.

Dans une autre étude similaire menée par l’Université de Montréal (Canada), les chercheurs arrivent à des conclusions à peu près similaires.  Ainsi, lorsqu’un homme a fréquenté plus de 20 femmes dans sa vie, son risque de développer un cancer de la prostate est réduit de 28 % (du plus au moins agressif) et celui de souffrir d’un type de cancer agressif diminue de 19 %, comparé à ceux qui n’ont connu qu’une seule partenaire.

Quant aux hommes qui ont déclaré n’avoir jamais eu de relations sexuelles ils couraient un risque presque deux fois plus élevé d’être atteints d’un cancer de la prostate que ceux qui en ont eues.

Seulement voilà, une étude plus récente qui a été menée par d’autres chercheurs en vue de déterminer l’impact de l’activité sexuelle sur le cancer de la prostate, va à l’encontre des résultats précédents.

Publié en septembre 2018 dans le Journal of sexual medicine, il en ressort que, pour réduire le risque de cancer de la prostate, il faudrait au contraire commencer sa vie sexuelle le plus tard possible, avoir le moins de partenaires sexuels possible, et limiter son activité sexuelle à 2 à 4 éjaculations semaines. Cette analyse a fait la synthèse des résultats de 21 études menée sur le même sujet. D’après ses auteurs, au-delà de 10 partenaires sexuels, on augmente le risque de développer un cancer de la prostate.

Cette étude méticuleuse a de quoi surprendre, car elle prend à contre-pied les deux précédentes études, toutes aussi fiables, publiées en 2016.

Rappelons que des méthodes autres que les rapports sexuels, ont déjà fait leurs preuves dans la cadre de la prévention du cancer de la prostate. Il s’agit en particulier du maintien d’un poids santé idéal, et de la pratique d’une activité physique régulière.

 

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Quel est alors le bon rythme des rapports sexuels pour protéger la prostate ?

Si l’impact de l’activité sexuelle sur la prostate est examiné avec une attention si particulière, c’est parce qu’on la considère comme un facteur de risque modifiable pour le cancer de la prostate. Mais pour l’heure, on n’arrive pas encore à déterminer le seuil de bascule dans la maladie, comme c’est le cas par exemple pour le cancer du poumon avec le tabagisme.

En effet, la moyenne de rapports sexuels indiquée par les couples qui participent à ces études est loin de la réalité. Les résultats se fondent sur les déclarations des participants  et donc leur bonne foi. On peut imaginer que certains hommes aient gonflé leur activité sexuelle, ce qui peut constituer un biais lors de l’analyse des résultats.

En tout cas, certains sondages réalisés en France ont montré que le rythme des rapports sexuels est de 8 à 9 par mois aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

La question du rythme des rapports sexuels ne se pose pas en principe dans les foyers polygames, que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde. En effet, chacune des épouses s’attend à avoir des rapports sexuels avec son époux lorsqu’arrive son tour de partager la couche avec ce dernier.

En définitive, il ne faut pas se mettre une pression inutile car, que l’on soit monogame ou polygame, le bon rythme des rapports sexuels c’est aussi souvent celui que l’on peut avoir quand les deux partenaires en ont envie et sont en bonne état de santé.

Dr ETTIEN Félicien



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