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«DEPUIS 42 ANS, LE GAIPES POMPE NOS RESSOURCES SANS AUCUNE TRANSFORMATION»


Rédigé le Jeudi 2 Juillet 2020 à 18:09 | Lu 83 fois | 0 commentaire(s)



«DEPUIS 42 ANS, LE GAIPES POMPE NOS RESSOURCES SANS AUCUNE TRANSFORMATION»

Le Collectif des acteurs de la pêche du Sénégal a reçu, hier, la visite du député Mamadou Diop Decroix venu avec ses collègues s’enquérir de la situation dans le secteur secoué par un bras de fer entre le Gaipes et les autres acteurs. Devant les députés, le collectif des acteurs a dévoilé les agissements du Gaipes qui veut faire du secteur de la pêche sa chasse gardée. Les amis de Ameth Ndir ont décidé de prendre leur destin en main en jouant leur partition dans la défense des ressources halieutiques nationales.

Le collectif des acteurs de la pêche du Sénégal a décidé de suivre le Gaipes sur son terrain. Non pas en diffusant des pages publicitaires dans les journaux pour mettre la pression sur l’Etat, mais en portant le plaidoyer auprès des vrais acteurs. Ainsi ont-ils engagé une tournée de remobilisation à Saint-Louis, Mbour et dans tous les sites abritant des acteurs de la pêche.

Hier, les membres du Collectif ont reçu un groupe de parlementaires sénégalais mené par le député Mamadou Diop Decroix, auteur d’une question orale au gouvernement autour de l’exploitation de la pêche. Même si les acteurs portaient leurs masques, ils ne semblaient nullement hantés par la Covid-19. «C’est nous qu’on appelle abusivement, pour nous diaboliser, bateaux chinois. Il n’y a pas de Chinois. Nous sommes des entreprises 100% sénégalaises avec un personnel 100% sénégalais.

Certaines de nos entreprises font 32 milliards FCFA de chiffre d’affaires. Nous avons des partenaires chinois comme d’autres, notamment le Gaipes, ont des partenaires espagnols, français, turcs ou grecs», a déclaré Ameth Ndir, le Secrétaire général du Collectif des acteurs de la pêche (Cap) devant les députés Mamadou Diop, Abdou Aziz Diop, Diarra Fam et Mor Kane, au Môle 10 du Port autonome de Dakar. Ils ont été accueillis dans une ambiance festive. Les membres du collectif, tous vêtus de t-shirts floqués à l’effigie du Cap, se montrent enthousiastes.

La chaleur de plomb ne les a pas démotivés à exposer aux parlementaires les vrais maux du secteur. Ils ont procédé à une visite guidée des coins et recoins du Port. Ils ont également brandi des banderoles sur lesquelles est écrit : « Halte au monopole de la pêche par le GAIPES !»

Dans son exposé, Mamadou Diop Decroix fustige en premier la gestion de l’Etat, indiquant qu’il a introduit une question orale au ministre de tutelle, Alioune Ndoye, sur cette affaire de licence de pêche et de bateaux étrangers. « Je pense que le secteur de la pêche est un secteur fondamental pour notre pays. Nous avons 700 km de côtes sur l’Atlantique. La pêche nourrit des centaines de milliers de Sénégalais. C’est vrai que nos acteurs n’ont pas l’armement nécessaire et l’Etat doit tout faire pour les outiller. Si cela n’est pas fait, ils seront obligés de travailler avec des étrangers. Cette collaboration est normale et nécessaire dans le monde d’aujourd’hui. Cependant, on doit veiller à ce que les intérêts nationaux soient préservés», a-t-il dit.

Embouchant la même trompette, le Secrétaire général du Cap parle d’un partenariat dont le socle est la compétence navale. «Dans le secteur de la pêche, les meilleurs sur le plan naval sont chinois. Nous allons chercher cette compétence pour nouer un partenariat avec eux. Le problème qui se pose est qu’il existe depuis 42 ans un monopole qui ne dit pas son nom et exercé par une corporation. On nous dit que nous n’existons pas. Nous ne sommes pas des acteurs alors que le cœur de la pêche, c’est nous», soutient-il. Il n’a pas manqué de pointer du doigt le GAIPES qui serait à la solde d’étrangers. A l’en croire, Le GAIPES a, depuis 42 ans, hérité d’un système colonialiste qui pompe nos ressources sans aucune transformation, sans aucun effort pour mettre de la valeur ajoutée.

Pour Pape Guèye, Responsable de consignation de la société Sorecom, une société chinoise, les bateaux chinois pêchent en Gambie ou en Guinée Bissau. Selon lui, ils ont beaucoup à gagner à travailler avec les Asiatiques. « Nous représentons les Chinois. 80% d’entre eux ne pêchent pas au Sénégal. Ils revendent ainsi aux mareyeurs qui réexportent ou vont vers le marché local. Ces bateaux dits étrangers paient des taxes et revendent leurs produits à des mareyeurs sénégalais. Ils embarquent des marins locaux.», affirme-t-il.




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