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DR Macoumba Diouf «L’horticulture est le sous secteur le plus performant de l’agriculture sénégalaise mais …»


Rédigé le Dimanche 11 Janvier 2015 à 01:51 | Lu 3089 fois | 2 commentaire(s)



Le sous-secteur de l’horticulture reste le plus dynamique de l’agriculture sénégalaise. De 2012 à nos jours, il ne cesse de monter en flèche en explosant le taux de production et d’exportations. En 2014, les exportations de produits horticoles sont passés  à 85 mille tonnes pour des recettes de près de 50 milliards Cfa et 12 milliards de masse salariale. Pourtant, il reste le parent pauvre dans le processus d’accompagnement du gouvernement des différentes filières agricoles. Directeur de l’horticulture,  Dr Macoumba Diouf dégage des pistes qui pourraient aider le Sénégal à booster la production mais aussi lui permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2017.
 Entretien….
 
Wal Fadjri : En 2014, l’horticulture a été l’une des filières les plus performantes de l’agriculture sénégalaise, surtout au niveau des exportations. Quels sont les facteurs qui expliquent ce succès ?
 
Dr Macoumba DIOUF : L’horticulture est le sous-secteur de l’agriculture le plus performant, qui est en constante progression d’année en année. Mais pour revenir à 2014. Au cours des cinq dernières années, on a eu une progression de 15 à 20 % chaque année d’augmentation des exportations horticoles. Donc, une constante augmentation, avec une part très significative de 20 %. Pour la production, c’est pareil. C’est une augmentation de 5 à 10 % de la production chaque année. Voilà les bases sur lesquelles j’étais en train de vous dire que le sous-secteur horticole est le sous-secteur le plus performant de l’agriculture sénégalaise. Ce qui l’explique, c’est d’abord la rentabilité des activités. J’allais dire la compétitivité, la productivité  du sous-secteur horticole. Prenons la productivité. Là où on parlait de 10 tonnes ou beaucoup moins en agriculture pluviale pour le mil, le maïs, le sorgho, le riz, l’arachide, on parle de dizaine de tonnes à l’hectare. Un exemple : en moyenne, les rendements pour les principales spéculations horticoles du Sénégal, de grande consommation en tout cas, tourne autour de 25 tonnes à l’hectare. Et, c’est loin du potentiel. Le potentiel, il est double souvent le triple de cela. Là où on avait 5 tonnes, on pouvait facilement avoir 60 à 70 tonnes à l’hectare. Cela veut dire qu’il y a encore un gap de productivité. Mais on reste performant par rapport à la productivité des cultures pluviales. Donc, c’est une productivité particulièrement élevée. Ce qui fait que si l’on parle d’hectare en agriculture pluviale, on parle de mètre carré en horticulture. C’est-à-dire sur mille mètres carrés, un dixième d’hectare, on fait bien plus que sur un hectare de culture pluviale.

Donc, je parle de productivité. La compétitivité, ce sont des produits en général à haute valeur ajoutée. En termes de prix au kilogramme c’est souvent un point cinq à deux fois sinon plus par rapport aux productions des grandes cultures.


Troisième élément majeur, c’est une activité pratiquement continue. Au moins, on peut avoir deux campagnes chaque année. Ce qu’on appelle la contre saison froide, qui va du mois d’octobre au mois de février-début mars de chaque année. Et, la contre saison chaude, qui va du mois de mars au mois de mai de chaque année. Sans compter le fait que maintenant, il y a des spéculations horticoles qu’on cultive aussi en hivernage. C’est-à-dire que toute l’année, vous avez la possibilité de produire. Donc, plus en rendement, plus en rentabilité ou compétitivité de vos produits et plus en termes de temps de travail. Voilà la base sur lesquelles l’horticulture à engranger une adhésion massive depuis ces 10 et  15 dernières années du monde rural. Un autre argument qui explique cela et qui devrait être cité peut-être même en premier, c’est une stratégie en zone sahélienne en général où la pluviométrie est aléatoire. Bref, on a des stratégies que les populations développent, qu’on appelle des stratégies anti-aléatoires. C’est le cas par exemple du semi à sec du mil que vous voyez souvent. C’est pour un peu anticiper sur les opérations de culture. Mais aussi, sécuriser la production de mil pour être sûr qu’à la première pluie utile, on peut avoir des leviers et assurer une croissance végétale et donc, une production à la fin.
 
«En 2014, on est à près de 50 milliards de francs Cfa de rentrée de devises (…) au moment où l’arachide n’a rapporté l’année dernière que 39 milliards»
 
Les populations, depuis quelques années, ont développé cette stratégie de résilience qui constitue à optimiser le temps de travail et à se rattraper en contre saison dans les cas où surtout l’hivernage ne marchait pas. Donc, c’est une stratégie d’adaptation, une stratégie anti-aléatoire et de résilience que les populations développent pour ne pas rester sur le carreau. C’est un ensemble d’arguments qui justifient cette constante de production, de compétitivité et le temps de travail qui est optimisé. Mais aussi, la création massive d’emploi. Et, j’ajoute productive. Voilà un ensemble d’arguments qui fait que ce sous-secteur connaît davantage d’année en année de l’adhésion. Le dernier, c’est l’exportation. Quand je parlais de compétitivité, je parlais de la production du marché national. Parce qu’on produit d’abord pour arrêter les importations. On reste compétitif mais, cette compétitivité est davantage valable pour l’exportation. Par exemple, 2012 a enregistré 55 mille tonnes, en 2013, on était à 67 600 tonnes et en 2014, on est à 85 mille tonnes pour près de 50 milliards de francs Cfa de rentrée de devises et 12 milliards de masse salariale repartis entre tous les personnels qui s’activent autour de l’horticulture.

Donc, au moment où l’arachide avec toutes les difficultés n’a rapporté l’année dernière que 39 milliards. Et pourtant, l’horticulture est le parent pauvre de l’agriculture sénégalaise en matière de soutien et d’accompagnement de la part de l’Etat. Je veux dire que les horticulteurs sont presque laissés à eux-mêmes. C’est un problème et, fort heureusement d’ailleurs, le chef de l’Etat, Macky Sall l’a tellement bien compris que dans le Plan Sénégal émergent, notamment dans le programme d’action prioritaire 2014-2018, a fait de l’horticulture un secteur prioritaire de l’agriculture. Il l’a dit à Potou, le 24 juin 2014 quand il disait qu’il souhaite que la locomotive, la composante agricole du Pse soit l’horticulture. C’est heureux. Donc, les financements qui existent, je ne doute pas qu’ils devraient être mobilisés prioritairement pour ce sous-secteur horticole.
 
Que représentent ces exportations dans la balance commerciale du pays ?
 
Cette année, 50 milliards de francs Cfa. Et, si on triple, parce que l’objectif en 2015 c’est 157 000 tonnes au bas mot, on pourrait avoir des retombés de l’ordre de 100 à 120 milliards de francs en 2017. A partir seulement des exportations horticoles. En ce moment, je n’ai pas besoin de vous dire que si on augmente significativement les productions pour les légumes de grande consommation, on va réduire également les importations. Et cela va faire des économies de plusieurs milliards. Aujourd’hui, on est à 995 mille tonnes de fruits et légumes confondus, dont seulement 85 000 tonnes. Donc, moins du dixième qui est exporté. Si l’accompagnement de l’Etat comprend le renforcement des capacités des producteurs, la mise aux normes, l’acquisition de certaines installations qui sont un préalable pour avoir la qualité et exporté, on augmentera alors significativement les exportations y compris dans la sous-région. Pour vous dire que sur ce total, la quantité exportée est marginale et on peut l’améliorer. Et, on peut réduire la quantité  importée jusqu’à l’annuler.


Je prends le cas de l’oignon, on est autonome que 8 mois sur 12. Mais, on importe encore, tenez-vous bien, 132 mille tonnes. C’est beaucoup sur quatre mois. Donc, si on absorbe ce gap en reconstituant le capital semencier, en étalant la production sur le reste de l’année, en ayant des installations qui peuvent permettre de conserver l’oignon sans qu’il ne se gâte pendant deux ou trois mois, on règle le problème de l’importation de l’oignon. Je peux dire autant pour la carotte où on est autonome sur sept mois seulement et pour la pomme de terre où on est autonome que sur deux mois. C’est une façon de vous dire la solution de l’agriculture sénégalaise aujourd’hui et demain, c’est l’horticulture.  Les chiffres et la réalité sont là. Maintenant, il faut effectivement des mesures d’accompagnement notamment, la maîtrise de l’eau par exemple. Fort heureusement, nous avons entendu le chef de l’Etat parler des forages agricoles avec 300 forages à l’horizon 2017. Justement, pour qu’en dehors de la zone des Niayes, du fleuve, Tambacounda qu’on fasse de l’horticulture partout y compris vers l’intérieur du Sénégal où les terres et les bras existent et où le climat se prête à la pratique horticole toute l’année, je pense que le forage agricole, les grands projets et programmes qui viennent d’être lancés,  contribueront à améliorer cette maîtrise de l’eau et permettre davantage aux sénégalais de se lancer dans l’horticulture.
 
Comment comptez-vous aider la filière à surmonter le problème d’homologation et de la certification des produits destinés aux marchés européens notamment ?
 
Une question pertinente. On a parlé tout à l’heure de renforcement de capacités. C’est exact. Parce qu’effectivement pour exporter, il faut lever certaines barrières que constituent certaines normes qui sont exigées par les marchés importateurs, notamment le marché européen qui est presque le seul importateur pour notre pays. Cela rejoint un peu la question de la certification. Différents types de  certification, Global Gap, Europe Gap etc., supposent une production suivant un processus qui garantit la qualité à la fin. Pour cela, les producteurs et leurs organisations font bénéficier les acteurs de formation de mise à niveau et de mise en relation avec les maisons qui assurent cette certification et pouvoir atteindre les marchés européens. Parce que, c’est une partie de l’explication du fait qu’il y a moins du dixième de la production nationale de fruits et légumes qui est exporté. Votre question fait partie des réponses à cela, c’est-à-dire ne peut pas exporter qui veut. Donc, les services techniques, à commencer par la direction de l’horticulture, devront travailler, une fois dotés de moyens qui sont nécessaires, pour accompagner ces organisations. Parce que la production horticole, même pour le marché régional, n’a pas les mêmes exigences que la production pour les grandes cultures. Aussi bien pour le marché national, on a besoin de qualité parce qu’il faut aussi proposer aux Sénégalais des productions de qualité. Mais cette qualité est davantage recherchée par le marché européen. Voilà ce que l’Etat doit faire à travers ses services techniques.
 
Que faire maintenant pour éviter les nombreuses pertes post-récoltes constatées dans certaines zones de productions ?
 
Ce qu’il faut faire, c’est investir. Et ça, on interpelle l’Etat sur les investissements que j’appelle structurants ou les infrastructures structurantes telles que les magasins de stockage et les chambres froides parce qu’en général ce sont des produits frais. Il faut également des investissements sur la logistique pour le transport approprié des produits frais. Ce sont des investissements assez coûteux. Donc, c’est à l’Etat, pour l’essentiel, de les faire pour accompagner les acteurs. Surtout qu’il s’agit d’infrastructures qui peuvent être utilisées en commun par un ensemble de producteur. En général, ce sont des infrastructures très rentables. On ne doute pas que les prévisions du Plan Sénégal Emergent (Pse), une fois réalisées, permettront de régler ce problème. Parce qu’on a vu à Potou les efforts que l’Etat du Sénégal, en partenariat avec l’Union européenne, a déjà fait pour l’oignon avec des magasins de stockage et des aires de séchage. Donc, c’est ce travail qui devrait être poursuivi et amplifié, conformément aux prévisions du Pse. Cela permettra de réduire ces pertes post-récoltes qui je l’avoue sont très importantes.

On peut arriver dans certains cas jusqu’à 30 % de la production. Et, c’est l’un des problèmes de l’agriculture. Les pertes post-récoltes. Donc, pour le cas de l’horticulture, il s’agit tout simplement d’infrastructure de nature à assurer la conservation de ce produit dans le temps et à régler d’ailleurs, le problème de l’autosuffisance. Parce que c’est pratiquement une mesure d’accompagnement majeur. Si on produit et on le fait déjà… on est à 245 000 tonnes d’oignon en 2014. En réalité, si on avait le dispositif qui permet d’assurer la conservation et le stockage, on peut pratiquement passer de huit mois d’autonomie à presque dix mois au moins si on n’arrive pas à faire l’année. Donc, on allait être dépendant peut-être d’un mois à deux mois maximum. C’est pour vous dire l’importance de cette question. Sinon, nous allons produire de manière groupée, plus que nos besoins. Mais, comme on ne peut pas utiliser toute cette quantité en un mois, deux ou trois, nous allons perdre une partie de la récolte et nous serons obligés d’importer. Donc, c’est particulièrement pertinent de parler de cette question des pertes post-récoltes, qui pour l’horticulture, se résume à la réalisation d’installation d’infrastructure de stockage, de conservation et de logistique de transport pour les produits frais.
«On a le top avec les cadres d’un certain niveau mais si vous regardez au niveau du bas et de l’intermédiaire, on n’a pas de cadres techniques»
 
Malgré le dynamisme du secteur, on note un manque d’encadrement et d’assistance a cette filière. Que compte faire l’Etat pour changer la donne ?
 
Je pense que voilà une question particulièrement pertinente par rapport  à la dynamique et aux perspectives, mais également au lendemain de ce sous-secteur horticole. Vous l’avez dit, on constate, on n’est plus au moment où on disait que les zones horticoles du Sénégal ce sont les Niayes, la vallée du fleuve et la partie orientale. L’activité horticole est pratiquée un peu partout au Sénégal sur l’ensemble du territoire national. Mais également et pour vous donner raison, si vous le constatez c’est pratiquement de la débrouillardise. C’est-à-dire certains saisonniers qui ont été dans certaines zones horticoles comme ouvriers agricoles. Au retour de chez eux, ayant appris par le phénomène du «apprendre en pratiquant», reviennent et constituent pratiquement les experts dans leurs zones. C’est eux qui aident à faire. Mais, c’est encore pratiquement dur à peu près. Et, donc, pour optimiser les gains et encourager davantage l’adhésion de Sénégalais à cette pratique, il faudra améliorer l’encadrement. En quoi faisant ? A travers la mobilisation des services techniques tels que la direction de l’horticulture, l’Agence nationale de conseil rural, la direction nationale du développement rural, les projets et programmes à vocation horticoles, les organisations non gouvernementales qui s’investissent dans l’horticulture. Je cite tous ces acteurs parce que ce sont des catégories d’acteurs qui ne font que cela.

Donc, on a besoin davantage d’harmonisation et d’organisation de ces services pour assurer une masse critique d’agents permettant d’assurer un bon encadrement du monde rural pour une pratique plus correcte, plus productive et plus rentable de l’horticulture. Et, je n’oublie pas la formation. Vous avez dû entendre parler du Centre d’initiation horticole (Cih). Beaucoup d’entre eux y sont fermés. C’étaient des centres qui formaient pratiquement des techniciens horticoles de niveau Bts, souvent même inférieur. Mais, suffisant pour accompagner les populations locales dans cette pratique horticole. Et, c’est le problème du Sénégal. On a le top avec les cadres d’un certain niveau mais si vous regardez au niveau du bas et de l’intermédiaire, on n’a pas de cadres techniques. En tout cas pas suffisamment pour accompagner les producteurs. Ceci va être corrigé. Vous avez suivi les sorties récentes du chef de l’Etat avec les acteurs de l’artisanat, du ministère de l’Emploi, du ministère de la Formation professionnelle, la création de lycées agricoles, la création des centres de formation qui sont prévus avec la Banque mondiale et les autres niveaux qui permettent de doter le monde rural de masse critique des personnes aptes à accompagner les acteurs à la base. Justement, c’est ce qu’il faut faire parce que si l’on ne le fait pas, il y aura tout le temps un manque à gagner. Même si l’on continue à pratiquer l’horticulture, la méconnaissance des bonnes pratiques culturales, le problème d’accès à certains intrants, les limites liées au problème de la conservation feront qu’on aura jamais la possibilité d’exploiter cet énorme potentiel dont regorge le sous-secteur horticole.
 
Exporter c’est bien mais transformer c’est encore mieux. Qu’est-ce que l’Etat est en train de faire dans ce domaine pour donner une valeur ajoutée aux produits horticoles ?
 
Voilà une question importante également qui confirme ce qu’on disait sur la compétitivité du sous-secteur horticole. Vous l’avez dit, la transformation est l’une des meilleures façons d’accroître et d’optimiser la valeur ajoutée d’un produit par rapport au brut. Et, d’ailleurs, c’est un manque à gagner énorme le fait d’exporter tout le volume concerné en produits fruits et légumes. Le fait de l’exporter en brut, c’est un manque à gagner énorme. Entre autres produits, je peux citer le cas de la mangue. On a l’une des meilleures mangues au monde. Cela est lié au climat mais aussi aux variétés qui y sont cultivées. Mais, on exporte pour l’essentiel le fruit. Le jus de mangue, c’est paradoxal d’ailleurs, on le reçoit en retour venant de quelque part. Si on en fait ici, c’est de qualité marginale. Et, si on transforme la mangue, comme vous le savez, on gagne beaucoup plus. Parce qu’on diversifie les formes d’utilisation mais surtout, on facilite la conservation. Parce que là où on ne peut pas garder le fruit entier, on peut garder le jus pendant très longtemps avec des moyens techniques qui existent et qui permettent de garder plus longtemps le produit, le commercialiser dans le temps tout en maintenant sa qualité et sa valeur ajoutée.
«Ce phénomène d’accaparement des terres, de pressions foncières, c’est dû essentiellement à des gens venant d’ailleurs, ayant de la vision, cherchant des perspectives en termes de marché à l’avenir»
 
En fait, c’est deux questions liées. Comment faire pour attirer plus d’investisseurs dans la filière ?
Je pense que la filière est déjà compétitive. C’est vraiment évident et démontré. J’estime qu’au-delà de l’horticulture, j’y reviendrai certainement parce que c’est le sujet. Mais, c’est le secteur agricole globalement qui devrait faire l’objet davantage d’intérêts pour le secteur privé, notamment sénégalais. Le secteur privé étranger est plus qu’intéressé. Vous avez vu ce phénomène d’accaparement des terres, de pressions foncières dont vous entendez parler, c’est dû essentiellement à ces gens-là venant d’ailleurs, qui ayant de la vision, cherchant des perspectives en termes de marché à l’avenir. Ils savent que les perspectives sont orientées vers l’Afrique. C’est là où on a les terres disponibles, les climats et les bras à moindre coût entre autres avantages. Ils viennent mais ils sont, vous les voyez, dans des secteurs de riches. Prends le cas de la tomate cerise, le premier exploitant est étranger. On peut en dire autant pour beaucoup d’autres spéculations. Ils viennent pour des volumes de marché juste pour régler leur chiffre d’affaires. Mais, ils n’ont pas intérêt à aller au-delà. C’est dire qu’il faut qu’on encourage ce qui est déjà fait. On a ouvert le marché sénégalais aux étrangers, on a encore des investissements particulièrement attrayants, on a des facilités à travers l’Apix au niveau de réglementation des législations qui sont des dispositions assez incitatrices.

Oui, tout ça mais il faut qu’on en  fasse davantage pour encourager et pousser le secteur privé sénégalais à se mettre à l’horticulture. Et, ça, je pense que les mesures d’accompagnements dont je parlais tantôt aideront à cela. Il faut aussi les infrastructures structurantes qui leur permettront de savoir que s’ils produisent, ils ont la possibilité de conserver, même si c’est à leur frais, effectivement des coûts de location. Il faut que les installations soient disponibles. Avant même cela, il faut qu’ils puissent avoir une organisation et c’est le cas maintenant avec la régulation. Donc, ils ont des facilités pour se lancer dans l’horticulture.
Voilà un ensemble de pré requis qui sont, pour l’essentiel, de mon point de vue, que l’Etat devrait faire pour encourager le secteur privé sénégalais à davantage s’investir dans l’horticulture. Parce que c’est un créneau porteur et je viens de le démontrer. Pour arriver à capter ces valeurs ajoutées, il faut produire dans certaines conditions avec certaines qualités, régularités parce que le marché là-bas, une fois que vous optez pour trois conteneurs, c’est trois conteneurs et demi. Je veux dire qu’il faut arriver à sécuriser les engagements vis-à-vis des marchés importateurs. C’est-à-dire qu’il y a des pré requis qui permettent de sécuriser la production.
 
On note également une certaine dépendance aux semences étrangères pour certaines spéculations. Que peut faire l’Isra pour y remédier ?
 
Une question majeure. J’ai eu à en parler cette année pour m’en désoler. Si l’on parle de reconstitution du capital semencier, on devrait ajouter toute espèce ou en tout cas les spéculations majoritairement cultivées sur le territoire national. C’est un problème. Il n’y a pas une seule culture pour laquelle, pour être productif à rendement élevé et compétitif à travers la qualité du produit, on n’a pas besoin de semence de qualité. Cela n’existe pas. Tout comme l’accompagnement de manière générale du sous-secteur l’a été, parent pauvre de l’accompagnement de l’agriculture, les semences horticoles le sont davantage.
 
C’est un problème. Cela veut dire impliquer la recherche, l’Isra et les autres entités, parce qu’on parle maintenant de système national de recherche et agro-alimentaire, qui sont impliqués tels que les écoles doctorales de certaines universités, certaines grandes écoles de formation. Le système de recherche globalement est interpellé. Pour d’abord, la création variétale.
 
Les créations venant de la recherche sénégalaise de fruits et légumes, il n’y a presque pas. C’est marginal et c’est un problème. Ce sont des hybrides qui sont importés venant de quelque part qui rendent nos producteurs dépendants et notre horticulture aussi. Ceci pose un problème. Donc, il faudra effectivement faire de la reconstitution du capital semencier des espèces horticoles une première priorité ou l’une des premières priorités. Et, ça c’est effectivement la recherche qui est interpellée parce que c’est elle qui crée le matériel végétal et sélectionne. Après, les autres services sont impliquées dans la multiplication  en même temps que les organisations de producteurs pour la production à grande échelle.
 
La locomotive du programme de reconstitution du capital semencier, c’est la recherche agricole. Donc, effectivement ce n’est pas qu’il peut faire quelque chose mais qu’il doit, avec les autres acteurs du système national de recherche. Sinon, on ne sécurise pas cette activité. Il suffit que la semence importée soit défectueuse pour que cela hypothèque tout le cycle de production. Parce qu’on n’a peut-être pas le temps de permettre au fournisseur étranger d’en produire à nouveau dans les délais qu’on veut et nous en fournir. Vous pouvez perdre un cycle ou une campagne comme cela. C’est même une question de sécurité pour la production horticole dans notre pays. C’est ce qu’on appelle l’obtenteur. Dans un pays, l’Etat a une structure technique qui est l’obtenteur. Dans le cadre du Sénégal c’est l’Isra. Et, c’est cet obtenteur qui a la mission de créer, par des croisements, des sélections ou même par l’introduction à partir d’autres pays mais en retravaillant ce matériel pour qu’il soit adapté en l’homologuant et en le diffusant. Ça, c’est du ressort de l’obtenteur qui est en général la structure de recherche leader. Je suis tout à fait d’accord sur le caractère urgent d’une implication plus significative de la recherche dans l’horticulture et plus particulièrement dans la création de variétés et la multiplication de semences.

Walfadjri
 




1.Posté par Isseu dieng le 17/09/2016 21:09
Très interessant j suis étudiante au Cfph de camberene.mais Mr l ministre n'a pas énuméré notre école alors k on s concentre k sur l'horticulture

2.Posté par FAYE le 14/06/2017 14:17
j mappel malick faye j suis né à latmingue j ai fais horticluture

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