LATERANGA.INFO
LATERANGA.INFO

Disparition de Gomis : Après l’émoi, le moi ?


Rédigé le Dimanche 28 Octobre 2018 à 09:55 | Lu 186 commentaire(s)



Disparition de Gomis : Après l’émoi, le moi ?
La mort a frappé au cœur des élus emportant du même coup un président de conseil départemental et un député. La nation comme un seul homme, sans distinction de partis, de religion ou de position sociale, lui a rendu un vibrant hommage. Tout le monde s’est ému et tout le monde a pleuré feu Malamine Gomis. Ce qui relève d’une pure humanité : « pleurer, c’est ressentir, c’est être humain » comme le rappelait Ray Charles. 
        Mais, après consternation et désolation, ne devrait-on pas franchir un palier en séchant vite les larmes et en méditant la mort brutale de Gomis ? En d’autres termes, après l’émoi, ne devrait-on pas interroger notre moi ?  N’est-il pas utile de sonder notre moi le plus profond, notre moi des profondeurs abyssales pour y chercher les mobiles d’un changement de comportement ? N’est-ce est temps de passer à une sorte d’introspection à laquelle j’invite tous les politiciens, à commencer par la « créature » de « misère » ( les termes sont de Pascal dans ses ‘Pensées’) que suis-je ?
          Car, il est bon de s’apitoyer sur son sort, de pleurer, de prier…, mais, c’est encore mieux d’en tirer toutes les leçons. Et comme « la grande mort que chacun porte en soi, elle est le fruit autour duquel tout change », selon Rilke, osons affronter nos incongruités  et autres défauts pour que cette mort change au moins nos comportements (nous tous quel que soit le parti politique !) et nous guide vers le « souverain Bien » ( le mot est de Platon) 
          Leçon n°1 : Sommes-nous tous candidats à la mort quel que soit notre rang social, quelles que soient nos responsabilités. N’est-ce pas Dieu qui dit dans le Coran dans la Sourate Al Imran verset 185 que « Toute âme goutera la mort ». Lui, il en a gouté, nous, pas encore. Mais, compte tenu de cette loi implacable de ce verset, dans l’attente de notre tour, œuvrons pour notre prochain.
          Leçon n°2 : La mort n’avertit pas : les conditions de son rappel à Dieu montrent que la faucheuse a frappé sans avertir. En déclarant au Président de la République qu’il avait « déjà collecté 10.000 signatures…» et qu’il allait « remettre encore 7.000 de plus sous peu », feu le député ne savait pas que ses intentions ne seraient pas réalisées. En donnant rendez-vous à ses familles politique de Goudomp et celle biologique de Mbour, après les avoir quittées ce mercredi 24, il ne savait pas qu’il avait plutôt rendez-vous avec la mort.  Car, « la mort est une surprise que fait l’inconcevable au concevable » comme le mentionne Paul Valery.
          Leçon n°3 : le défunt Président du conseil départemental est désormais face uniquement à ses responsabilités verticales. Responsabilité verticale de créature devant le créateur, alors nous autres vivants sommes encore doublement devant nos responsabilités à la foi verticale (face à Dieu) et horizontale (face à nos semblables).  Pendant que sommes-nous encore en vie, il faut combattre et non se battre, il faut chercher à convaincre et non à vaincre ! (battre appelle à l’acte physique d’affrontement alors que combattre se veut une bataille d’idées). Servons ceux qui nous ont élus et ne cherchons pas à nous servir. Faisons le souci de la reddition des comptes un acte majeur d’affranchissement à l’impunité et non une obligation coercitive. Cherchons à traduire en actes concrets les projets des populations et non à faire passer le primat de nos envies et autres sinécures.    
          Leçon n°4 : le défunt était nanti de deux postes : député et président de conseil. Il est enterré sans titre ! A coup sûr, il avait des comptes en banque, des voitures, des maisons…, il est porté sous terre avec quelques malheureux mètres de percale ! Il commandait tout un conseil départemental, aujourd’hui il est  sous commandement angélique ! C’est en cela que nous devrons méditer notre vie ; comprendre que tout n’est que vanité.  En adoptant une telle posture, nous nous épargnons des envies, des calomnies, des complots tous azimuts. Car, « la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse » (Coran : Sourate 3 verset 185).
          Leçon n° 5 : Ce qui est remarquable dès lors, c’est que tous les arts ont créé des merveilles à l’exception de l’art politique qui  a plus procréé que des monstres qui prêchent le bien mais font du mal, qui vivent de conspiration et crachent du venin, même si on y compte des responsables vertueux et de véritables patriotes.
          Leçon n° 6 : Si nous savons que la mort est « une puissance qui tue » (Michel Guiomar) et que nous allons tous finir comme le défunt que nous pleurons, nous, politiciens de tout bord ( moi y compris bien sûr !) devrons, d’ores et déjà changer de cap et savoir que faire de la politique n’est pas une licence pour verser des citernes de bile sur un quelconque adversaire qui n’est en aucune manière un ennemi, mais un opposant qu’une vision oppose !    
          Leçon n°zéro :  je ne veux donner de leçon à personne, je ne peux donner leçon à personne, je veux juste partager une méditation. Que Dieu veillent sur vous tous ! 
Ibrahima Diakhaté Makama


ACTUALITÉS | Exclusivité | People | News | Revue de presse | SCIENCE - TECH | Musique | Contribution | Chronique | Emissions et entretiens | Avis-Communiqué-Publireportage | Zero Stress & Insolite | Religion | Coin des femmes | CUISINE | SERIE TV