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Edouard Philippe suspend la taxe carbone pour six mois


Rédigé le Mardi 4 Décembre 2018 à 13:46 | Lu 24 commentaire(s)


Le Premier ministre français Edouard Philippe a, comme attendu, présenté mardi matin au groupe parlementaire des députés LREM un moratoire sur la hausse des taxes sur le carburant. "On doit apaiser la situation pour éviter qu'elle dégénère", a expliqué le Premier ministre d'Emmanuel Macron, qui espère amorcer ainsi une désescalade dans les mobilisations du mouvement des "gilets jaunes".


Edouard Philippe suspend la taxe carbone pour six mois
Le mouvement citoyen des "gilets jaunes" est mobilisé depuis plusieurs semaines, protestant contre la hausse du prix des carburants et le coût de la vie en général. 

"Il faut donner aux Français une raison de revenir à la raison", a expliqué Edouard Philippe, qui a ajouté que "le moratoire ne remettra pas en cause l'ambition de la transition écologique. Une taxe, ce n'est pas une réforme, mais un moyen de la réforme". 

Une "colère profonde" chez les Français
"Qu'est-ce qu'on constate depuis 3 semaines?", a interrogé Édouard Philippe, selon des participants : "On voit monter en France une colère profonde qui vient de loin, qui a longtemps été cachée par pudeur et fierté. Aujourd'hui, elle s'exprime de manière collective. Colère de Français qui ont le sentiment d'être dos au mur, qui travaillent et ne veulent pas être relégués".

Prix de l'électricité et du gaz
Edouard Philippe annonce la suspension des prix du gaz et de l'électricité et la révision du tarif pour un contrôle technique. Le moratoire devrait durer six mois afin de laisser aux différents acteurs le temps de débattre. Les partenaires sociaux pourront trouver ensemble des solutions et des aides pour les personnes travaillant loin de leur domicile.

Hausse du SMIC
Le premier ministre a annoncé une hausse de 3% du SMIC en janvier. Il ajoute: "C'est la plus forte augmentation en dix ans".

Les "gilets jaunes" ne sont pas satisfaits
Benjamin Cauchy, une des figures du mouvement, a salué une "première étape". Mais "les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet", a-t-il déclaré à l'AFP en réclamant des "états généraux de la fiscalité", "une nouvelle répartition des richesses en France" et l'instauration de "référendums réguliers sur les grands enjeux sociétaux".

Le moratoire est "une cacahuète", a estimé pour sa part Laetitia Dewall, porte-parole des "gilets jaunes" du Val-d'Oise.

"Les Français demandent une annulation", a jugé le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau. "Mieux vaut tard que jamais" mais il faut aussi un coup de pouce au Smic, a réagi Ségolène Royal, ancienne ministre socialiste de l'Écologie. La députée LFI Clémentine Autain a estimé que "changer de République est une urgence démocratique".

Le président a rencontré les ministres lundi soir
Une réunion au sommet s'était tenue lundi soir à l'Élysée autour d'Emmanuel Macron, qui a reporté sa visite officielle en Serbie prévue mercredi, Édouard Philippe et une dizaine de ministres. Il en serait sorti cette décision d'un moratoire "gelant" la hausse de la taxe carbone sur le carburant durant plusieurs mois, décision qui n'a cependant pas encore été annoncée. 

Auparavant, le Premier ministre avait reçu les chefs des formations politiques représentées au Parlement. À l'exception d'Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, toutes les formations d'opposition avaient plaidé pour un "moratoire" dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant. À droite, Laurent Wauquiez avait de nouveau plaidé pour un référendum, Marine Le Pen et la France insoumise évoqué une dissolution de l'Assemblée, et le PS brandi une proposition de loi de "sortie de crise" avec des mesures en faveur du pouvoir d'achat.




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