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France : ces nouveaux députés d’origine africaine


Rédigé le Mercredi 28 Juin 2017 à 12:10 | Lu 888 commentaire(s)



France : ces nouveaux députés d’origine africaine

Les visages et les profils des députés français fraîchement élus ont largement changé la physionomie de l'Assemblée nationale française. Parmi les nouveaux venus, de nombreux députés nés en Afrique, binationaux ou ayant des liens familiaux forts avec le continent africain. 

Certains sont nés en Afrique et y ont vécu une partie de leur enfance. D’autres n’y ont mis les pieds que de manière très ponctuelle, mais sont issus de familles africaines ayant émigré en France. La plupart sont aussi des nouveaux venus, sinon sur la scène politique française, du moins sur les bancs de l’Assemblée nationale. Tous ont eu droit à des portraits dans les journaux des pays dont ils et elles sont issues.

Sans prétendre à l’exhaustivité, nous vous présentons ici une galerie de portraits de ces députés qui entretiennent des liens avec le continent africain, du fait de leur histoire familiale. Il convient par ailleurs de rappeler que la déclaration de binationalité d’un député n’est pas obligatoire en France. Dans le même temps, l’interdiction de posséder une double nationalité est rare sur le continent africain. Certains pays y mettent des limites, mais elle est possible quasiment dans tous les pays.

En 2015, en marge du débat lancé par François Hollande sur la déchéance de la nationalité  pour les auteurs d’actes terroristes ayant la binationalité, la question de la double appartenance nationale des députés avait fait polémique. Thierry Mariani, alors député Les Républicains, avait mené l’offensive. « Lorsqu’on est un élu national, la moindre des choses me semble de n’avoir qu’une seule nationalité », expliquait-il alors au journal Le Figaro. « On dénonce souvent les conflits d’intérêts qu’il peut y avoir sur le plan économique, il y en a aussi lorsqu’un ministre négocie des accords avec un pays voisin. » Depuis, la polémique s’est éteinte et Thierry Mariani a été battu par une candidate En Marche ! dans la 11e circonscription des Français de l’étranger.

De nouveaux visages, gages d’une nouvelle approche ?

Aujourd’hui, au contraire, nombre de nouveaux députés ayant un passé familial ou personnel hors de France, et en l’occurrence en Afrique, présentent cette particularité comme une chance et un atout. « J’ai toujours été portée sur les questions internationales, sur l’altermondialisme. Savoir là d’où je viens, cela se traduit concrètement par un intérêt porté aux rapports des pays d’Afrique avec la France », explique ainsi Danièle Obono, députée de la France insoumise née au Gabon.

Rodrigue Kokouendo, député de La République En Marche (LREM), né à Bangui, en Centrafrique, voit également dans son passé une opportunité de défendre « une nouvelle approche de la politique africaine de la France qui doit inclure aussi l’action de l’Europe ». Une nouvelle approche qui doit, selon lui, prendre en compte les diasporas africaines.

Député franco-sénégalais, Jean-François Mbaye (LREM) entend bien, lui, « incarner le renouvellement des visages et des pratiques et affirmer cette diversité, un atout de notre belle France ». Quant à Sonia Krimi, jeune députée LREM d’origine tunisienne, c’est à son grand-père qu’elle a pensé, la première fois qu’elle a passé les portes de l’Assemblée nationale : « Il était tirailleur tunisien pendant la seconde guerre mondiale. S’il était encore en vie, il serait fier de moi. »

Cliquez sur les portraits pour faire apparaître les informations relatives à chaque député.



Laetitia Avia

Togo

LREM

Née le 29 octobre 1985 à Livry-Gargan, en France

 
Laetitia Avia a été élue dans la 8e circonscription de Paris avec 65% des suffrages exprimés. Troisième d’une famille de quatre enfants, elle est la première à être née en France. Ses deux aînés sont nés au Togo. Son père, très bon footballeur, avait quitté Lomé pour tenter sa chance auprès des clubs italiens. Mais il décidera finalement d’émigrer en France, où il trouve un emploi. Son épouse et ses deux premiers enfants le rejoignent bientôt. Laetita Avia a été naturalisée française à l’âge de 12 ans. Elle a gardé très peu de liens avec le pays d’origine de ses parents. Elle a grandi et suivi toute sa scolarité en Seine-Saint-Denis, jusqu’à intégrer Science-Po Paris. Elle est alors l’une des premières à emprunter la voie ouverte par les Conventions d’éducation prioritaire lancées en 2001. Devenue avocate, elle co-fonde un cabinet spécialisé dans le droit des affaires à Paris. Sa rencontre avec Emmanuel Macron date de 2009. Elle est alors secrétaire générale de la Commission Darrois. Emmanuel Macron en est le rapporteur. Depuis, l’avocate et l’énarque échangent de loin en loin, mais sans jamais perdre le contact. Lorsque le mouvement En Marche ! est lancé, Laetitia Avia propose ses services. Elle est nommée à la commission d’investiture pour les législatives, avant de se décider à sauter le pas devant le déficit de candidatures féminines.

France : ces nouveaux députés d’origine africaine

Hervé Berville

Rwanda

LREM

Né le 15 janvier 1990 au Rwanda

 
Elu dans la 2e circonscription des Côtes d’Armor avec 64,17% des suffrages, Hervé Berville est né au Rwanda le 15 janvier 1990, en pleine montée des tensions dans le pays. Il est adopté par une famille bretonne en 1994, au moment du génocide au Rwanda. Diplômé de la très prestigieuses London School of Economics et de Sciences-Po Lille, il a notamment travaillé au Mozambique. En poste à Maputo à partir de 2013, il est alors chargé d’une mission en relation avec le service économique régional de l’Agence française de développement (AFD).Il a ensuite été chercheur pour l'université californienne de Stanford au Kenya. Au cours de sa jeune carrière, Hervé Berville a également travaillé pour l’OMS et le ministère français des Finances. L’élection de Donald Trump aux États-Unis est l’élément déclencheur de son engagement politique. Il rejoint Emmanuel Macron en novembre 2016. Après son élection, il a reçu de nombreux messages en provenance des pays africains dans lesquels il a vécu. « J'ai eu la chance de travailler dans plusieurs pays, et j'ai créé des liens là-bas. Ce sont des manifestations de gens qui m'ont croisé et m'ont apprécié », reconnaît-il. Il a été nommé porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale ce 27 juin.

France : ces nouveaux députés d’origine africaine

Patrice Anato

LREM

Togo

Né le 14 mars 1976 à Lomé

 
Elu dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis avec 57,09% des voix, Patrice Anato est juriste. Né à Lomé il y a 41 ans, il a multiplié les carrières professionnelles avant de s’installer comme consultant indépendant en transaction de fonds de commerce, à Noisy-le-Grand. Un parcours professionnel qui « n’a pas été en ligne droite » écrit le nouveau député dans sa biographie, sur le site d’En Marche !. « Du travail intérimaire en usine, au caissier polyvalent de station-service, puis manager en restaurant-self, chargé de clientèle de banque, quelques périodes de recherche d’emploi, et aujourd’hui entrepreneur, j’estime avoir l’expérience de la vie réelle ajoutée à ma "virginité" politique », écrit le nouveau parlementaire. Avant de promettre : « Je serai un député droit et consciencieux. »

France : ces nouveaux députés d’origine africaine

Aïna Kuric

LREM

Madagascar

Née le 15 mai 1987 à Creil, en France

 
Né à Creil, dans l’Oise, Aïna Kuric y a passé toute sa scolarité jusqu’à ses études dans le secteur hôtelier. Elle est aujourd’hui chef d’une entreprise spécialisée dans l’oenotourisme (le tourisme du vin). Elle a été désignée candidate par En Marche ! en mai. Ses liens avec le continent africain sont ténus. Mais l’annonce de sa candidature, puis sa campagne, ont été très suivies à Madagascar, dont sa famille est originaire. De nombreux articles lui ont été consacrés, sans que l'on connaisse pour autant précisément l’histoire qui lie Aïna Kuric à la Grande Île. La nouvelle députée de la Marne aurait elle aussi été surprise par cet intérêt soudain des Malgaches pour sa candidature, selon l’un de ses collaborateurs.


Rodrigue Kokouendo

République centrafricaine

LREM

Né le 8 mars 1974 à Bangui, en Centrafrique

 
Rodrigue Kokouendo a été élu dans la 7e circonscription de Seine-et-Marne avec 61,4% des voix. Fils de haut fonctionnaire de la diplomatie centrafricaine, il a grandi avec un pied en Centrafrique et un autre en France. Ce diplômé en gestion et comptabilité a fait ses premières armes politiques au Parti socialiste, sous la bannière duquel il a été élu conseiller municipal. Il a également été le suppléant de la députée socialiste Sophie Cerqueira lors de la précédente législature. Il a rejoint Emmanuel Macron en 2016. Dans une tribune publiée en avril dernier, il plaide pour « une nouvelle approche de la politique africaine de la France qui doit inclure aussi l’action de l’Europe ». Une nouvelle approche dont l’objectif serait de « permettre un véritable partage de connaissances » et qui doit prendre en compte les diasporas africaines. Tout en « laissant derrière soi les vieux modèles paternalistes », Rodrigue Kokouendo n’oublie pas non plus « un des leviers puissant pour y parvenir, qui est la francophonie ».

France : ces nouveaux députés d’origine africaine

Jean-François Mbaye

Sénégal

LREM

Né le 1er janvier 1979 à Dakar, au Sénégal

 
Elu dans la dans la 2e circonscription du Val-de-Marne 52,6% des suffrages, Jean-François Mbaye est le fils d’un père ingénieur agronome et d’une mère qui a travaillé pour la représentation diplomatique de l’Autriche au Sénégal. Il suit ses études dans un établissement privé catholique au Sénégal. En 1998, à 18 ans, il part étudier le droit en France, à Perpignan d’abord, puis à Paris. Il a quitté son poste de juriste spécialisé en droit de la Santé pour se consacrer à son mandat. Il est également doctorant à l’université Paris VIII et chargé de cours sur les questions de bioéthique dans cette université. Sur sa biographie officielle, Jean-François Mbaye présentait sa candidature à la députation comme un moyen « d’incarner le renouvellement des visages et des pratiques et pour affirmer cette diversité, un atout de notre belle France ». Signe que le nouveau député entretient toujours des liens étroits avec le Sénégal, au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, il a signé une tribune dans le journal sénégalais L’Observateur, dans laquelle il se félicite de la victoire « fracassante » de son candidat.

France : ces nouveaux députés d’origine africaine

M’jid El Guerrab

Maroc

Non inscrit (affilié LREM)

Né le 25 avril 1983 à Aurillac, en France

 
Né à Aurillac, M’jid El Guerrab garde un lien très fort avec la région d’origine de sa famille, dans le Moyen-Atlas marocain. Il participe même à l’organisation d’un festival annuel dans le village d’Aït Ishaq. « Mes racines sont profondément ancrées dans le Cantal, là ou vivent les Berbères français. Et mes racines du Moyen-Atlas sont également très attachées au monde berbère », expliquait-il au site Atlas Info, en 2016, lorsqu’il était encore candidat à l’investiture socialiste dans la circonscription des Français de l’étranger. « Plus jeune, lorsque l’on me posait la question du Maroc ou de la France, je répondais : je suis franco-maroco-berbero-cantalou... Cette formule veut dire que je ne souhaite être enfermé ni dans une origine ni dans une ethnie. » Plus prosaïquement, il conserve également des liens professionnels avec ses deux pays d'origine : le cabinet de conseil qu’il a créé en 2013 propose ses services à la fois en France et au Maroc. M’jid El Guerrab a été élu au terme d’une campagne très violente dans la 9e circonscription des Français de l’étranger. Ce diplômé de Sciences-Po Aix-en-Provence, ancien membre du Parti socialiste - il a été membre du premier cercle de Ségolène Royal, puis un proche de Jean-Christophe Cambadélis - n’a pas été officiellement investi par En Marche !. Mais il a profité du soutien non officiel du mouvement d’Emmanuel Macron après que Leïla Aichi a été écartée en raison de ses propos sur le Sahara Occidental (datant de 2013), lesquels avaient déclenché la colère de Rabat.

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Huguette Tiegna

Burkina-Faso

LREM

Née le 1er avril 1982 à Bangassogo, au Burkina Faso

 
Élu dans le 2e circonscription du Lot avec 53,25% des suffrages, Huguette Tiegna est née dans la région de Bangassogo, tout près de la frontière avec le Mali. Elle est issue d’une famille de paysans et son père a combattu pour la France, en Indochine et en Algérie. La jeune femme, ingénieure en génie électrique, est installée depuis trois ans dans la circonscription dont elle est devenue députée. Elle y travaille pour la start-up Why Lot sur le développement de moteurs électriques pour l’éolien et l’automobile. C’est à la faveur d’une visite dans son entreprise qu’Henriette Tiegna rencontre pour la première fois celui qui est alors ministre de l’Économie. Elle entrera dans son mouvement dès sa création, en avril 2016. Henriette Tiegna est le fruit conjugué de plusieurs universités ouest-africaines. En 2007, elle obtient une licence en électronique au Burkina. Deux ans plus tard, c’est au Niger qu’elle décroche son diplôme d’ingénieur. Et c’est en France, son pays d’adoption, qu’elle obtient en 2013 son doctorat en génie électrique. « D’origine paysanne devenue scientifique de haut niveau, j’ai la capacité à ressentir à la fois la vie des hommes et des femmes du terrain et à nous propulser vers une société juste et équitable, parce que je l’ai fait et vécu dans mon corps et dans ma vie», écrit-elle dans une courte biographie diffusée dans le cadre de la campagne des législatives.

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Sira Sylla

Sénégal

LREM

Née le 14 mars 1980 à Rouen, en France

 
Très largement élue dans sa circonscription, Sira Sylla a dû mener à une campagne difficile, face à un candidat Front national venu des rangs du groupe d’extrême-droite Génération identitaire. La jeune députée de Seine-Maritime se présente aujourd’hui comme « une fille de l’école républicaine ». Issue d’une famille nombreuse - onze enfants - et qui ne roulait pas sur l’or - son père était chauffeur de bus et sa mère collectionnait les petits boulots pour joindre les deux bouts -, Sira Sylla a dû travailler plus que d’autres pour gravir les échelons. Elle a d’abord suivi ses études de droit à Rouen, avant de décrocher son diplôme d’avocat à Lille. Des études qu’elle a auto-financé avec des petits jobs étudiants. Aujourd’hui avocate spécialisée en droit social, Sira Sylla se range résolument sur la ligne d’Emmanuel Macron concernant le droit du travail. « J’adhère à 100% au programme d’Emmanuel Macron pour libéraliser le marché du travail, valoriser l’entrepreneuriat et protéger les Français. Le droit du travail est trop rigide, ne correspond pas à la réalité du travail. Si on libéralise plus, il y aura plus d’embauches », estimait-elle début juin dans une interview accordée à un journal local pendant la campagne. Si l’on excepte les quelques portraits dressés dans la presse sénégalaise pendant la campagne et après son élection, les liens de Sira Sylla avec le Sénégal restent du domaine de la vie privée.

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Mounir Mahjoubi

Maroc

LREM

Né le 1er mars 1984 à Paris, en France.

 
Élu dans la 1e circonscription de Paris, Mounir Mahjoubi est issu d’une famille marocaine « très classe-ouvrière », arrivée en France dans les années 1970. Sa mère avait alors tout juste 17 ans. Au départ, le couple travaille comme gardiens d’immeuble, puis sa mère décroche un poste dans un hôtel et son père devient peintre en bâtiment. Titulaire d’une maîtrise de droit, d’un master d'économie et de finances à Sciences-Po Paris, Mounir Mahjoubi a étudié à Columbia, aux Etats-Unis, et à Cambridge, en Angleterre. Un CV en béton qui ne l’empêche pas de se trouver confronté aux silences des employeurs chez qui il postule. Un plafond de verre qu’il contourne en créant sa propre entreprise. « J'ai un nom arabe, un visage différent. Et si cela implique qu'un enfant puisse me regarder et dire "un jour je serai ministre", alors j'en suis très heureux », a-t-il expliqué au journal britannique The Guardian, qui s’est fendu d’un long portrait de lui. S’il n’a jamais eu aucun mandat politique avant cette année, le tombeur de Jean-Christophe Cambadélis, désormais ex-premier secrétaire du PS, a fait ses armes au sein de l’écurie socialiste. Celui que l’on qualifie volontier de « geek » dans l’équipe Macron a joué le rôle de conseil aux affaires numériques pour deux candidats socialistes à la présidentielle : d’abord dans l’équipe de Ségolène Royal, en 2007, puis dans celle de François Hollande, en 2012, dont il fut l’artisan de la stratégie numérique. Confirmé au poste de Secrétaire d’Etat chargé du numérique, il laisse son siège à l’Assemblée nationale à Delphine O, soeur de Cédric O, l’ancien trésorier d’En Marche !
Sonia Krimi

Tunisie

Majorité présidentielle (non investie LREM)

Née le 20 décembre 1982 à Tunis, en Tunisie 

 
Élue dans la 4e circonscription de la Manche, Sonia Krimi est née à Tunis en 1982. Elle est arrivée à l’âge de 23 ans en France, où elle a rejoint son père, magasinier chez Peugeot. En 2012, elle obtient la nationalité française. C’est cette même année qu’elle quitte l’enseignement - elle était alors chargée de cours en stratégie d’entreprise et management international -, pour entrer dans le privé. Elle devient consultante dans le secteur du nucléaire pour le cabinet Efeso consulting. Un poste dont elle a démissionné avant d’entrer au Palais Bourbon. Sonia Krimi, qui a rejoint En Marche ! après l’élection présidentielle, avait été désignée par les membres du comité local d’En Marche !, et fait campagne dans sa circonscription contre le candidat investi officiellement par le mouvement d’Emmanuel Macron, Blaise Mistler. Lorsqu’elle a fait se premiers pas à l’Assemblée nationale, elle a eu ces mots au reporter de Tendance Ouest qui la suivait pour la journée : « Je pense à mon grand-père. Il était tirailleur tunisien pendant la seconde guerre mondiale. S'il était encore en vie, il serait fier de moi. »
 
Anissa Kheder

Tunisie

LREM

Née le 1er avril 1980 à Vénissieux, en France

 
Élue dans la 7e circonscription du Rhône avec 50,6% des voix, Anissa Khedher est issue d’une famille d’immigrés tunisiens de la région lyonnaise. « J’ai 37 ans, je suis née aux Minguettes et j’ai grandi aux UC à Bron. Mes parents sont d’origine tunisienne. Je suis un pur produit de l’école de la République », résume la jeune députée sur sa biographie officielle. Cadre dans le secteur de la santé, Anissa Khedher insiste également sur son étiquette de candidate de la « société civile ». Outre ses activités dans le secteur de la psychiatrie, elle était également impliquée dans le centre social de son quartier, avant d’être investie par le mouvement d’Emmanuel Macron. Sur ses liens avec le pays d’origine de ses parents, la nouvelle députée reste discrète. Élue avec une très faible avance, Anissa Kheder a pâti d’un très mauvais débat télévisé sur l’antenne locale de France 3, avant le premier tour de la campagne des législatives. Peu habituée à s’exprimer devant les médias, on a pu y voir la jeune femme s’accrocher à ses notes et montrer son malaise de se retrouver devant les caméras de télévision. Un épisode qui a fait le tour de la toile et a sans doute joué sur le faible score de la jeune femme, comparé à l’écrasante majorité des autres candidats étiquetés « En Marche ! ».
Saïd Ahamada

Comores

LREM

Né le 7 novembre 1972 à Saint-Denis de la Réunion

 
Élu dans la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône avec 58,39%des suffrages, Saïd Ahamada est le tout premier député français issu de l’immigration comorienne. Il est né à Saint-Denis de la Réunion d’un père Comorien, mais passe son enfance dans les quartiers nord de Marseille. Diplomé en finances, il commence sa carrière dans l’accompagnement des créateurs d’entreprise, mais bifurque vers le public. « Face à la difficulté de progresser professionnellement et de trouver un emploi à la hauteur de ses compétences », il passe les concours de la haute administration, lit-on dans sa biographie autorisée. Il entre alors à la Caisse des dépôts et consignations. Son engagement politique est né le 21 février 1995. Ce jour-là, Ibrahim Ali, jeune Comorien, est tué par des colleurs d’affiches du Front national à Marseille. « A ce moment-là je me suis rendu compte que le quotidien pouvait basculer », assure-t-il dans une interview accordée avant le second tour. D’abord proche du MoDem, puis candidat EELV aux législatives de 2012, il obtient l’onction d'En Marche ! pour ce scrutin. Ses liens avec les Comores restent forts. En 2001, il crée la Chambre de commerce franco-comorienne. L’organisme, dont le siège est à Marseille, se donne pour mission « d’appuyer les investissements des Comoriens au pays et de faciliter les débouchés des entreprises comoriennes en France » et « peut renseigner plus largement des investisseurs sur l’Océan indien ». Après la polémique autour des propos d’Emmanuel Macron sur les kwassa kwassa, Saïd Ahmada s’est dit « gêné ». « Ca m’a blessé et je lui ai dit », a -t-il même assuré. « Mais à Mayotte, c’est lui qui a dit qu’il avait honte pour la France qu’il y ait autant de morts entre Anjouan et Mayotte », précise-t-il aussitôt. Dans la législature qui s’ouvre, il propose même ses services en tant qu’ambassadeur de bonne volonté aurpès des Comores, pour « trouver des solutions à ce drame humain ».
Danièle Obono

Gabon

France Insoumise

Née le 12 juillet 1980 à Libreville, au Gabon

 
Née au Gabon Danièle Obono est arrivée en France à l’âge de 11 ans. Elle y a rejoint l’une de ses grandes soeurs, envoyée en France par ses parents pour lui permettre de continuer ses études. A l’époque, le Gabon est plongé dans une crise politique et sociale, qui ne sera que partiellement résolue par la Conférence nationale de 1990. « Au Gabon, il y avait une succession d’années blanches. La France, c’était la possibilité de retourner à l’école », raconte Danièle Obono. Elle conserve de bons souvenirs de cette adolescence en France. « J’ai eu beauocup moins de difficultés que d’autres. On devait renouveler nos titres de séjours, mais je n’ai jamais été sans-papiers. » Chaque année, pour les vacances d’été, elle retourne au Gabon auprès de sa famille. Le Gabon, « c’est là où j’ai grandi, c’est aussi chez moi. J’ai peu de souvenirs de mon enfance, si ce n’est des moments passés en famille, avec mes oncles et mes tantes », raconte la jeune députée. Elle a obtenu la nationalité française en 2007. Cette double appartenance - elle parle de « double vision » - n’a pas été à l’origine de son engagement politique. Pas directement en tout cas. « Je me suis engagée au lycée, contre le Front national. C’est un combat qui est aussi le fruit de la génération dont je suis. » Un combat qui l’a portée d’abord dans la gauche radicale. A la LCR d’abord, puis au NPA. « J’ai toujours été portée sur les questions internationales, sur l’altermondialisme. Savoir d’où je viens, cela se traduit concrètement par un intérêt porté aux rapports des pays d’Afrique avec la France », explique la députée de Paris. Et son engagement en faveur de l’afro-féminisme, « cela renvoie aussi à cette histoire là ». A peine arrivée sur les bancs du Palais Bourbon, Danièle Obono a dû faire face à une polémique aux relents racistes, après une intervention à la télévision.
JeuneAafrique

 


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