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LA LEVEE DU MORATOIRE OUVRE LE BOULEVARD AUX DELINQUANTS


Rédigé le Mercredi 13 Mars 2019 à 13:07 | Lu 87 fois | 0 commentaire(s)


Selon le commandant Djimanga Diédhiou, l’Inspecteur régional des Eaux et Forêts (IREF) de Sédhiou, 139 billons de bois (gros troncs d’arbre), 179 charrettes, 66 chevaux et 145 ânes sont saisis depuis le début des opérations de terrain


LA LEVEE DU MORATOIRE OUVRE LE BOULEVARD AUX DELINQUANTS

De nombreuses saisies de bois de veine sont opérées dans le Nord de la région de Sédhiou, frontalier à la Gambie, entre les mois de janvier et février dernier. Cette recrudescence du trafic de bois résulte de la levée du moratoire sur la réexportation de ces produits forestiers à partir de la Gambie.  Dans les filets, des dizaines de billons de bois, des charrettes à traction équine et des tronçonneuses. Cependant, l’étendue vaste et longue de la bande frontalière associée à l’insuffisance des moyens d’intervention et des ressources humaines laissent encore un boulevard assez large aux délinquants quoique contusionné par l’ampleur des coupes des pieds de végétaux.  

La première quinzaine du mois de janvier 2019 a été marquée par des saisies multiples de bois de vèn dont l’exploitation est interdite un an plus tôt. Selon le commandant Djimanga Diédhiou, l’Inspecteur régional des Eaux et Forêts (IREF) de Sédhiou, «139 billons de bois (gros troncs d’arbre), 179 charrettes, 66 chevaux et 145 ânes sont saisis depuis le début des opérations de terrain. Nous travaillons de concert avec des indicateurs qui connaissent bien le milieu et qui nous fournissent des renseignements assez fouillés sur la présence des trafiquants de bois. Il est vrai que quelques fois nous intervenons avec les Forces de défense et de sécurité. Mais, depuis janvier, ce sont presque nos hommes qui opèrent sur le terrain, avec succès», explique-t-il.

Dans la nuit du 18 au 19 février dernier, une nouvelle opération a eu lieu. «23 bilons ont été saisis, 20 charrettes, 15 ânes et 11 chevaux. Ce qui fait un total de 162 billons de bois, 199 charrettes, 77 chevaux et 160 ânes», a expliqué Habib Léon Ndiaye, le gouverneur de Sédhiou, face à la presse, intervenant sur le sujet.

Ce regain du trafic de bois fait suite, ajoute l’Inspecteur Djimanga Diédhiou, résulte de «la levée du moratoire en Gambie qui ouvre donc les vannes au profit de la réexportation du bois vers l’étranger. Et, tout d’un coup, on a constaté une recrudescence vers les forêts casamançaises. C’est la raison pour laquelle nous autres également investissons le terrain pour les en empêcher. Nous allons alors les traquer jusque dans leur dernier retranchement», assure-t-il d’un ton manifestement ferme.

LE PERIL DEJA VECU AU QUOTIDIEN

L’immense couche de poussière dense qui enveloppe l’atmosphère, depuis avant-hier lundi et ce jusqu’au jeudi 14 mars, résulte d’une dégradation des conditions météorologiques. Parmi les facteurs aggravants figure la déforestation à outrance. L’instabilité et la variabilité du cycle de l’eau sont aussi, d’après les techniciens du climat, une manifestation expressive du dérèglement du système écologique. Pis, l’aridité de l’écosystème décime la faune et la flore.

Conséquence, l’insécurité alimentaire s’installe à pas de géant au point d’encourager, comme ultime recours, à une dynamique d’adaptation au changement climatique. Un système de résilience et de péréquation des variétés hâtives est recherché pour prévenir toute surprise qui pourrait compromettre la nourriture des citoyens de la planète et ceux de l’Afrique au Sud du Sahara, en particulier.

DES MOYENS HUMAINS ET MATERIELS A POURVOIR

Il ne fait plus de doute que l’Etat du Sénégal a renforcé la vieille sentinelle sur la gestion de ses ressources forestières et de l’exploitation du bois, en particulier. Les territoires couvrant le bassin naturel de la Casamance sont vastes et se caractérisent par la densité des forêts, des pistes sinueuses et bordées de lianes qui rendent difficile la mobilité en toutes saisons. A cela s’ajoute l’insécurité ambiante en raison des répercussions du conflit armé, quoique latent ces dernières années, dans le Sud du Sénégal.

A l’inverse, les services forestiers qui interviennent directement sur le terrain manquent toujours de moyens logistiques, même si, très récemment, ils ont reçu une dotation en véhicule de type 4X4 pick-up, entre autres. L’effectif des ressources humaines est tout aussi loin de couvrir les besoins, selon certaines indiscrétions. L’ultime alternative reste une étroite collaboration avec les populations locales. Mais, face à une pauvreté endémique dans cette partie nord de Sédhiou, les massifs forestiers de la Casamance restent en sursis.

SudQuotidien




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