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MAÏMOUNA CISSOKHO PASSE A L’OFFENSIVE


Rédigé le Dimanche 31 Mai 2020 à 10:36 | Lu 62 fois | 0 commentaire(s)



MAÏMOUNA CISSOKHO PASSE A L’OFFENSIVE

Enseignante de formation en service à l’Unesco au département droit humain, Maïmouna Cissokho n’en est pas moins une militante très engagée de l’Alliance pour la république au sein du réseau des enseignants dont elle convoite la coordination nationale. Mais dans cet entretien avec L’AS, elle met le curseur sur la reprise controversée des cours mardi prochain, mais aussi diagnostique les violences faites aux femmes, devenues récurrentes dans notre pays.

Vous êtes enseignante de formation. On parle de reprise des cours le 2 juin malgré la présence du Covid-19. Pensez-vous qu’il est urgent de reprendre les cours ?

Le Gouvernement a décidé de rouvrir les écoles le 02 juin. En bons républicains, les soldats du savoir iront répondre à l’appel de la nation pour une bonne reprise des enseignements apprentissages. D’ailleurs, vous avez vu le nombre important d’enseignants et d’enseignantes qui s’est déplacé au rond-point Liberté 5 pour prendre d’assaut les bus mis à leur disposition afin de rejoindre les différents postes d’affectation. Cela démontre s’il en était encore besoin l’amour indéfectible qu’ils ont pour leur métier qui, par la force des choses, est devenu un sacerdoce, mais aussi leur profond attachement aux valeurs républicaines. Il ne saurait en être autrement pour des formateurs qui enseignent le civisme aux apprenants, servant ainsi d’exemples de citoyens modèles. Maintenant, il revient à l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires à la sécurité sanitaire des collègues et de leurs familles, mais aussi et surtout des élèves. Il faut pour cela que les différents établissements scolaires soient dotés, s’ils ne le sont pas déjà, d’infrastructures répondant à toutes les normes d’hygiène publique et de santé communautaire.

Le ministre l’Éducation nationale a donné des gages. Cela vous semble-t-il suffisant pour reprendre les cours?

Oui ! En fait, nous avons suivi de très près tout ce qui se faisait, nous pouvons vous dire que les enseignants et les parents d’élèves sont bien représentés dans le dispositif. Ils ont participé aux réunions et adhèrent fortement à cette reprise. Le G7 et la FENAPES ont fait des communications autour de ça d’ailleurs. Il reste juste à souhaiter que toutes les mesures sanitaires soient prises et que les collègues et les élèves respectent strictement les gestes barrières. A cet effet d’ailleurs, le Ministère de l’Education nationale, avec l’appui de l’UNESCO, est en train de produire une quantité suffisante de gel alcoolique ; le ministre en a réceptionné plus de 3 000 litres déjà.

On va parler droits humains qui vous intéressent, puisque vous êtes à l’Unesco où vous vous occupez de cela. On note beaucoup de violences faites aux femmes et aux enfants ces derniers temps. Je pense à Bineta Camara et tant d’autres. Quelle lecture en faites-vous ?

Dans les missions du RFEEEG, la défense des droits humains figure en bonne place. C’est pourquoi nous sommes très engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles car elles représentent la couche la plus vulnérable. Les violences sont physiques, sexuelles, verbales, psychologiques et économiques. Et ces violences sont liées à leur condition féminine et ne prennent sens que lorsqu’elles sont replacées dans un contexte plus large d’inégalités entre les hommes et les femmes. En d’autres termes, cela veut dire que pour juguler les différentes formes de violences exercées sur les femmes et les filles, il faut d’abord se pencher sur la problématique de leur vulnérabilité. C’est pourquoi à la suite du meurtre de Bineta Camara en mai 2019 à Tambacounda, des centaines de personnes avaient manifesté pour dire non, «dafa doy !», plus jamais ça. Et cela avait suscité une forte mobilisation de tous, entraînant le durcissement des sanctions avec la criminalisation du viol qui est quand même une grande victoire pour les femmes. Elles se sentent ainsi bien protégées par le président de la République. Maintenant, il faut savoir qu’au Sénégal, nous avons un problème de statistiques fiables en ce qui concerne les violentes exercées sur la gent féminine. Cela s’explique en partie par le Maslaha ou stratégie sociale d’étouffement qui débouche sur la non-dénonciation des abus sexuels ou autres sur les femmes et les filles. S’y ajoute la honte qu’éprouvent certaines à dévoiler leur intimité devant un tribunal quand bien même cette intimité a été violée par une tierce personne et souvent dans des conditions effroyables. Mais de manière générale, il faut noter que les violences ne cessent d’augmenter. Entre janvier 2019 et mars 2020, pas moins de 21 femmes ont été tuées au Sénégal. C’est énorme !

Que dites-vous des violences faites aux hommes aussi ?

Bon ! Il faut reconnaître que c’est un sujet peu connu mais de plus en plus perceptible, qui aurait prêté à rire si ce n’était le caractère pathétique de la chose puisque d’ordinaire, ce sont les femmes qui sont violentées. Lorsque l’on parle de violences, souvent les plus touchées sont les femmes mais c’est un phénomène qui est réel et cela prouve que ce sont toutes les formes de violences qui doivent être éradiquées.

Vous êtes aussi membre de l’Apr où on vous avait cité parmi les successeurs de Youssou Touré à la tête du réseau des enseignants. Etes-vous toujours candidate ?

Je suis enseignante de formation et très active dans le système éducatif et dans mon parti l’Apr. C’est normal que certains me proposent à ce poste mais sachez que nous avons un président à la tête de notre formation politique et que c’est lui qui nomme les coordonnateurs et coordonnatrices des structures, ses choix sont les miens.




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