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MALADES ET ACCOMPAGNANTS SOURIENT… AU RESPECT DE LA NOTE PAR LES HOPITAUX


Rédigé le Vendredi 10 Janvier 2020 à 10:21 | Lu 132 commentaire(s)


La note circulaire ministérielle sur les urgences est actuellement respectée par les hôpitaux. Etat des lieux à travers le diagnostic d’un homme de l’art.


MALADES ET ACCOMPAGNANTS SOURIENT… AU RESPECT DE LA NOTE PAR LES HOPITAUX

La note circulaire ministérielle sur les urgences est actuellement respectée par les hôpitaux. Etat des lieux à travers le diagnostic d’un homme de l’art.

Il est 17 heures. La grande porte de l’hôpital Ibrahima Pouye, ex-CTO, grouille de monde. Les patients, les accompagnants, les médecins, les infirmiers et autres font d’incessants va-et-vient dans l’espace et entre les salles. Une dame, la soixantaine révolue, avec des béquilles qu’elle a du mal à tenir, est aidée par son enfant. « Je ne sais pas quoi dire, mais les médecins sont devenus subitement très serviables » sourit-elle. Au bâtiment des urgences, on pourrait penser que tout le Sénégal est malade ou souffre de quelques bobos tellement il y a du monde. Ce sont des dizaines de blessés ou de malades qu’ont fait entrer dans les salles et qu’on en ressort. D’autres sont transportés dans des ambulances ou sur des brancards.

Aïssatou, assise sur un banc le long d’une véranda qui fait face à des blocs, à la main sur son menton, signe de son désespoir. « J’ai juste appris la nouvelle selon laquelle il a été demandé aux médecins de bien prendre en charge les patients qui vivent souvent le martyre à leur arrivée dans les hôpitaux et centres de santé. Je pense que c’est une excellente mesure que l’Etat a prise pour au moins qu’on n’ait plus de malades qui souffrent faute de prise en charge ou encore par manque de places qui est souvent le prétexte avancé par le personnel des hôpitaux pour refuser de prendre des malades ou des blessés. Je me rappelle qu’une fois, je m’étais rendue à l’hôpital Principal, on ne m’avait pas admise faute de place. Du moins, officiellement. Il a fallu que je fasse des allers et retours pendant des jours pour qu’enfin on me trouve une place.

Le plus écœurant, c’est le fait qu’en cas de refus, on ne t’indique même pas un autre endroit où aller », se désole la dame. Avant de saluer la mesure prise par le gouvernement afin d’obliger les hôpitaux à traiter les cas relevant des urgences : « Quel que soit ce qui se dira, on doit applaudir cette décision prise par l’Etat. On ne peut quand même pas laisser les médecins et autres faire ce qu’ils veulent pour des histoires de sous ou autres que l’Etat leur doit. Un malade ne peut pas attendre la résolution de ces doléances. Cette fois-ci, j’ai emmené un malade. Alhamdoullilah, il a été bien pris en charge » se réjouit notre interlocutrice.

La mesure de l’Etat n’est pas appréciée à sa juste valeur par certains médecins

Le médecin Mamadou Mansour Diouf explique sur sa page Facebook les incongruités d’une telle mesure « hypocrite ». Extraits de ce post : « SéNéGAL : LA SANTé PRISE EN OTAGE ! Lors de cette énième « concertation sur les urgences » tenue en septembre 2019 au King Fahd Palace, le ministre de la Santé avait préconisé « un diagnostic profond du service des urgences dans les hôpitaux ». Après moult palabres comme d’habitude, et après avoir été grassement rémunérés à coup de perdiems, d’indemnités kilométriques et autres émoluments, ils nous sortent cette circulaire avec le slogan de « Plan d’accélération pour l’amélioration de la prise en charge des urgences » sans doute pour être en phase avec le fameux « Fast track ».

Eh bien, le « diagnostic profond de la gestion des urgences » je vais vous le faire sans la moindre complaisance, n’en déplaise à qui que ce soit », écrit d’emblée, et avec véhémence on en conviendra, le Dr Diouf. Selon lui, la mesure sur les urgences aurait été prise sans concertation avec les acteurs des hôpitaux. « CONCERTATION SUR LES URGENCES ! Qui étaient les acteurs qui planchaient sur ces questions d’urgences médicales lors de ces concertations initiées par le ministère de la santé ? Figurez-vous qu’il y avait une pléthore de bureaucrates très éloignés des réalités de la gestion des urgences : médecins-chef de région médicale, médecins-chef de district, spécialistes de santé publique, conseillers en tout genre, directeurs d’hôpitaux etc... mis à part une petite minorité de véritables spécialistes des urgences (SAMU, SOS Médecins entre autres).

Vous réunissez des charretiers, des conducteurs de motos Jakarta et de taxis clandos pour plancher et trouver des solutions aux problèmes de navigation aérienne, vous ne pouvez pas avoir d’autres résultats que cette circulaire ministérielle ridicule et absurde », soutient-il.

A en croire notre médecin, ce sont ces « spécialistes des urgences » qui seraient derrière « ce pompeux plan d’accélération ». Enfonçant le clou, il soutient que « lors de ces concertations, les vrais acteurs qui gèrent les urgences au quotidien dans les postes de santé, les centres de santé, les districts sanitaires et hôpitaux ont été mis en rade ». Mieux, le ministère de la Santé et de l’Action sociale aurait agi sans prendre en compte les conditions difficiles des hôpitaux. « Aucun de ces médecins-chef n’a daigné mandater les vrais acteurs du terrain qui gèrent les urgences au quotidien dans leurs structures respectives. Le ministère de la Santé est pris en otage par une kyrielle de médecins bureaucrates, adeptes de séminaires, symposiums, tables rondes, ovales et carrées, très éloignés des réalités du terrain de la médecine clinique. C’est ça la réalité qu’on le dise ou non », soutient le Dr Mamadou Mansour Diouf. Selon lui, pour discuter sérieusement de la prise en charge des urgences il faut réunir ceux qui interviennent en amont et qui assurent le transport des patients c’est-à-dire ceux intervenant à la phase dite pré hospitalière : SAMU, SOS Médecins, SUMA Assistance, Sapeurs-Pompiers.

Ensuite, dit-il, les acteurs du service d’accueil des urgences depuis l’IOA (Infirmier Organisateur de l’Accueil), en passant par les médecins urgentistes, les différents spécialistes appelés à intervenir aux urgences (anesthésistes réanimateurs, chirurgiens toutes spécialités confondues, orthopédistes-traumatologues, gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, biologistes, spécialistes de l’imagerie médicale, etc.) Apparemment, le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, a choisi de ne discuter qu’avec les médecins bureaucrates !



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