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MANKEUR, SG ADJOINT DE L'ONU ?


Rédigé le Lundi 24 Décembre 2018 à 09:08 | Lu 154 commentaire(s)


L'annonce de la promotion de Mankeur Ndiaye dans le système Onusien, procède d’une grande manipulation, une excessive description, en un mot d’un vaste mensonge


MANKEUR, SG ADJOINT DE L'ONU ?

Rions-en aux éclats! Même si c’est une tragi-comédie grave. Une histoire à faire dormir debout.

Ça me fait en vérité mal de déconstruire ce nouveau mensonge qui balafre davantage le visage déjà hideux d’une presse sénégalaise en voie rapide de disruption, décadente et en perte émergente de crédibilité.

En se réveillant, hier, les Sénégalais qui prennent encore la peine de la lire, sans gants, ont été émerveillés par le titre, gros et gras, qui barrait par un imposant caractère, la UNE de l’un des sites les plus visités du pays, Seneweb: Mankeur Ndiaye, Secrétaire-Général Adjoint de l’Onu!

Certes, avant d’aller plus loin, je me dois de battre ma propre coulpe sur ma poitrine. Comme tant d’autres, voire tous, je n’ai pas échappé au lethal syndrome des fake-news ou, en l’occurrence, aux news montés en épingle, si elles ne sont pas fabriqués, lancées en boules puantes pour semer la zizanie, détruire des réputations, piéger quiconque les reprends à son compte. Certains, tels des dos d’ânes malfaisants, sont plantés sur la trop lisse, pour ne pas être dangereuse, autoroute où se déploie la techtonique des plaques numériques en ces temps décidément insaisissables.

Mea-culpa : je ne m’y laisserai donc plus prendre, et les disseminateurs de fausses nouvelles, s’activant sciemment en ma direction, savent que mon écosystème est désormais blindé: plus question de laisser les toxiques informateurs s’en approcher.

Je pense ne pas être excessif en invitant toutes celles et tous ceux qui me lisent ici de se mettre sur leurs gardes, plus qu’à l’accoutumée. La preuve? N’avons-nous pas tous, ou presque, été bernés par le projet, faux, du mariage entre Sadio Mane et une tunisienne qu’on nous avait annoncé, croix de bois, croix de fer, pour le...5 Janvier, à Sousse ?

Revenons donc à l’immense nomination de Mankeur. Elle est présentée comme un nouvel exploit de la diplomatie sénégalaise. A sa lecture, le chaland ne résiste pas à l’envie de hurler : waaaw, le numéro 2 du systeme Onusien est donc un Sénégalais. On l’imagine, comme naguère Michèle Bachelet, ancienne Présidente du Chili, en sa capacité de Vice-Secrétaire Générale de l’Onu, supervisant tout le corps de l’Organisation universelle. Actant au nom du Secrétaire-Général, pour suivre, depuis New York, sur les hauteurs de la tour plantée sur les bords de l’East River, les mouvements de ses troupes civiles et militaires éparpillées à travers le monde. Qui ne pouvait donc être tenté, sauf à être jaloux, de s’en réjouir ou de le féliciter ?

Redescendons sur terre. Même si j’apprécie la finesse humaine de Mankeur, qu’il n’a jamais cessé de me témoigner depuis que je l’ai connu à l’aube de sa carrière diplomatique, en 1992, alors que j’étais un fringant directeur de la Cedeao, force est de dire que l’annonce, telle qu’elle a été faite, de sa...promotion dans le système Onusien, procède d’une grande manipulation, d’une excessive description, en un mot d’un vaste mensonge.

C’en est ainsi, ces temps-ci, avec tout ce qui touche de près ou de loin à ce régime de l’Apr: souvenez-vous, ils ont déjà fait dire que Mimi Toure, la très activiste ex-Premier Ministre, avait décliné un poste, qui ne lui a jamais été proposé, de Secretaire-generale adjointe (tiens, tiens...) de l’Onu; ils nous disent que Macky Sall, après deux mandats de President du Sénégal (qu’il n’est pas sûr d’avoir) trônera à la tête de l’Onu, comme si le reste du monde est au service du Sénégal.

Et donc, voici la nomination de Mankeur. En réalité, ce buzz participe des mensonges consubstantiels à la culture des gens qui ont, en ces moments lourds, la charge des destinées du Sénégal.

Tout chez eux est excessif, ridicule, monté en trompe-l’œil. C’est du reste ce qu’est venu encore illustrer le vacarme, en début de semaine, qu’ils ont déclenché, à Paris, autour du Groupe Consultatif des bailleurs du Senegal où pourtant ils n’ont pas pu ramasser (en cryptomonnaie virtuelle) plus que le Burkina Faso ou la Côte d’Ivoire, voire de justesse que le narco-trafiquant État-failli de la Guinée Bissau.

Il faut donc toujours dans le contexte des menteurs émergents qui polluent notre environnement remettre les choses, chiffres et informations en perspective, les filtrer, les recouper, s’assurer de leur véracité.

Concernant Mankeur Ndiaye, il est désigné donc tout simplement comme représentant du Secrétaire-Général de l’Onu en République centrafricaine, un poste qu’un autre sénégalais a d’ailleurs occupé dans le passé, n’est-ce pas Général Lamine Cisse? Dans ce pays où j’avais l‘habitude de passer de longues soirées avec mon ami, Ange Felix Patasse, alors son Président, au point de me voir décerner son passeport diplomatique, ce n’est pas une partie de plaisir qui l’y attend.

Qu’il soit affublé du titre d’Assistant Secretary-General, Secrétaire général adjoint, plus Secrétaire que Général, n’est pas vraiment exceptionnel. Des dizaines de personnes portent ce titre. Qui ne signifie rien !

Qu’au surplus sa nomination soit présentée comme lui donnant l’autorité sur les 15000 hommes y représentatifs de l’Onu, dont une majorité de militaires, c’est toujours le même mensonge émergent en action. Sur le terrain, ce sont les gradés des forces de maintien de la paix qui ont la haute main sur le service militaro-civil de l’Onu en RCA.

Arrêtons les petits mensonges donc. Évitons le foureul. Car il y a urgence. La RCA, divisée entre confessions en conflit, ne peut être l’objet des ego-trippings qui avilissent notre diplomatie devenue l’un des grands refuges de la vantardise degueulasse de notre élite nationale...

Plus fondamentalement, la crise existentielle qui menace l’avenir même d’une ONU, jamais aussi discréditée, sans le sou, détestée par l’Administration américaine de Donald Trump, avec John Bolton, comme Conseiller aux affaires de sécurité nationale, le pire ennemi de l’Onu, devrait inciter à plus de sobriété. Dans les grandes crises, l’Onu n’est plus invitée. Les coalitions de volontaires sont constituées pour faire la castagne ou résoudre pacifiquement les conflits. Au delà de leur crasse activisme, comme autour du mourant Pudc, ou du calculateur, carriériste, Abdoulaye Mar Dieye, le Pnud, l’un des architectes du fameux Groupe Consultatif du Sénégal, peine à payer les salaires de ses fonctionnaires. Les autres agences onusiennes, telles l’Unesco, sevrée de plus du quart de son budget en raison du retrait américain, ou l’Oms, où le nouveau directeur général a commis la bourde de nommer Mugabe comme parrain, avant de se déjuger, toutes ces agences sont dans la panade. Même la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, autres symboles d’un multilateralisme en déroute, sont sous pression budgétaire et politique, sous surveillance aux urgences médicales.

Ce n’est donc pas le moment de nous distraire avec des gamineries crypto-personnelles pour faire monter ou remonter une carrière individuelle contrariée. En remuant le monde entier rien que pour ce qui derrière les paillettes n’est qu’un ordinaire poste d’Envoye spécial du Secrétaire général de l’ONU pour un contrat à durée courte, déterminée !

L’enjeu est ailleurs. Puisque, de toute évidence, depuis sa création par la Conférence de San Francisco en 1945, malgré les décennies d’atonie qu’elle a vécues du fait de la paralysie de son instance exécutive, son Conseil de sécurité, pendant les années de la guerre froide (1949-1989), jamais l’Onu n’a paru aussi fragile, inutile. L’urgence de son renouveau pour échapper à la disruption mortelle qui l’a guette est une question qui ne peut plus être différée. En dehors de ses alertes, de ses bruyantes postures, la réalité est que l’Onu ne sert plus à rien, sauf sur certaines questions techniques ou des experts discrets et talentueux, notamment sur le droit de la mer, la Lex Mercatoria ou la formulation de certaines normes, justifient encore sa raison d’être.

Quant à sa mission originelle d’instance de maintien de la paix et de force de bien dans la résolution des conflits, c’est raté. Son nom est même associé à des abus sexuels.

Pendant ce temps, des hauts fonctionnaires paradant le titre sans consistance de Secrétaire général adjoint de l’Onu, rats des sites et journaux, cherchent à se faire mousser par des journalistes aisément corruptibles pour faire ce qu’ils savent faire en mieux, ou pire: tordre le cou à la vérité.

Mankeur Ndiaye, bonne chance et courage, mais dis à tes amis de la presse de réduire la voilure de leur mensonge. La crise onusienne ne peut s’accommoder d’un buzz de plus, encore moins des petits mensonges pro-domo.

Dans son sommeil, sous terre, mon ami Kofi Annan, son défunt unique Secrétaire-Général, originaire d’Afrique Sud-Saharienne, doit se demander ce qu’il arrive à son...machin ? L’heure est grave.

PS: J’avertis tous mes amis des Nations-Unies: ne m’envoyez plus vos promotions ou titres, interviews, négociés. On sait tout. Quiconque, sans exclusive, le fait peut s’attendre à un violent retour de manivelle de ma part...

 

Par Adama Gaye




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