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PAR AMADOU TIDIANE WONE : ET SI…


Rédigé le Lundi 11 Février 2019 à 22:48 | Lu 319 commentaire(s)


Les leaders de l'opposition gagneraient à réfléchir à une stratégie concertée et à poser un plan d'actions digne de ce nom - Sinon, le 24 février, les résultats proclamés seront loin de refléter la réalité politique et sociale du Sénégal d'aujourd'hui


PAR AMADOU TIDIANE WONE : ET SI…

Le président Abdoulaye Wade est rentré après deux années d'absence. Dès son arrivée, il est entré de plain-pied dans le processus électoral. A sa manière. Sans être candidat, et à défaut de voir son candidat dans la compétition, il a trouvé dans la campagne… électorale un  rôle à sa mesure : être celui qui va empêcher la conduite, à bonne fin  du projet « second mandat à tout prix" … Il y a des témérités que seul l’âge autorise…

Justement, l'une de nos maximes populaires en ouolof est « mak motnaa bayyi ci  reew", dans le sens de : la présence des anciens est toujours salutaire dans un pays. En  raison de leur expérience.  Il  serait donc  sage d’écouter avec attention les paroles du doyen en exercice de la classe politique sénégalaise. En termes d'engagement, d’endurance, de capacité de survie aux trahisons et de pragmatisme en cas de besoin, le président Wade est un maître. Incontestablement.

Que nous a dit le président Abdoulaye Wade en résumé ? « Il est inutile de participer à une élection gagnée d'avance car la président sortant a, par devers lui, des résultats déjà confectionnés "… Cette affirmation, pour grosse qu'elle puisse paraître, mérite une attention toute particulière de la part des candidats et acteurs politiques significatifs. Le président Wade est habile en politique. Il sait parler entre les lignes. Il ne suffit plus de dire tout simplement «  au Sénégal, il est impossible de frauder ». Le président Wade n'a pas parlé de fraude. Il faut écouter ses propos et les analyser froidement. Je ne sais pas pourquoi je me souviens, en cet instant, qu'en 2007 le candidat sortant Abdoulaye Wade, était passé au premier tour avec comme directeur de campagne un certain… Macky Sall. Aujourd'hui, ils se font face. A l’époque, je me souviens que le pays tout entier s'était réveillé en apesanteur, étonné des résultats proclamés … On avait même accusé les djinns d'avoir bourré les urnes. Et puis c'est tout. Alors, si les deux alliés de l'époque se font face dans un duel décisif, il faut observer attentivement leurs gestes et leurs propos. Il faut aussi garder, même  les coulisses,  à l'œil.

Dans ce contexte, et au besoin, une rencontre de haut niveau entre tous les candidats regroupés autour du C25 devrait se tenir dans les plus brefs délais pour analyser les données disponibles et parer à toute éventualité. Car, rien n'est impossible ! Il serait en effet temps de se rendre compte que, depuis 7 ans, toutes les impossibilités théoriques sont passées comme lettre à la poste : Du dédit au référendum, des législatives calamiteuses à l’adoption, au rouleau compresseur, de la loi  sur le parrainage. De la mise en œuvre contestable de cette loi à une campagne électorale taillée sur mesure. Tout s'est déroulé selon l'agenda du président sortant. Parallèlement,  un système répressif et de propagande,  de plus en plus sophistiqué, a été déployé et testé en plusieurs occasions.  La technique de gestion des crises s'est avérée payante. Toutes les initiatives de l'opposition ont été confinées. Ou torpillées  de l’intérieur.   Qui va changer une méthode gagnante au vu des enjeux colossaux qui se profilent ? Sûrement pas celui qui en profite ! Suivez mon regard…

Les leaders de l'opposition gagneraient à réfléchir à une stratégie globale, concertée,  et à poser un plan d'actions digne de ce nom. Sinon, le 24 février au soir, les résultats proclamés seront loin de refléter la réalité politique et sociale du Sénégal d'aujourd'hui. Il s'en suivra quelques échauffourées. Une répression chirurgicale sera opérée. Des transhumances honteuses s'en suivront. Puis les djinns s'en mêleront et, comme d'habitude, le peuple regardera, impuissant, ses élites se partager les sinécures et les prébendes. Les réseaux sociaux vont s'enflammer au gré des algorithmes et passer à autre chose au fil de l'actualité… Outre atlantique, on sablera le champagne. Les gourous de la Françafrique, dont certains battent campagne carrément riront, à gorge déployée, de cette Afrique exsangue qui n'en finit pas d’étonner de soumission et de servilité. La communauté internationale se félicitera du climat « pacifique » des élections au Sénégal, pays de démocratie exemplaire et bla et bla… et voilà le tour est joué ! Ça c'est le cauchemar !

Et le rêve ?

Et si, un grain de sable se transformait en une montagne infranchissable pour endiguer le fatalisme ambiant et nous venger de tant de siècles d'indolence… et si ce grain de sable pouvait réveiller, enfin, la torpeur des « élites » sénégalaises et les réconcilier avec la cause du peuple… Et si c'était  à la faveur d'un baroud d'honneur du Sopi ! Le vrai ! Celui d'avant 2000, du temps où on rêvait encore du grand soir… Et si… et si… et si…




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