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POUR UNE REAPPROPRIATION DU MESSAGE ET DU MODELE PROPHETIQUE


Rédigé le Jeudi 29 Octobre 2020 à 12:42 | Lu 1692 commentaire(s)


Le temps d’une nuit, le Gamou sera pour le fidèle musulman de forts moments de spiritualité mais aussi de réappropriation du modèle prophétique.


POUR UNE REAPPROPRIATION DU MESSAGE ET DU MODELE PROPHETIQUE

Une bonne partie du monde musulmane s’apprête à fêter dans la nuit du jeudi 29 octobre au vendredi 30 octobre, le Mawlidou Nabi (anniversaire de la venue au monde du Prophète Mouhamad, PSL) communément appelée Gamou. Le temps d’une nuit, le Gamou sera pour le fidèle musulman de forts moments de spiritualité mais aussi de réappropriation du modèle prophétique.

 

Dans un contexte de pandémie, cette célébration aura cette fois un cachet particulier dans différents foyers religieux du pays. Jusqu’ici point de convergence et un des principaux pôles d’attraction, la cité d’Elhadji Malick Sy, un des plus grands promoteurs du Gamou, pour l’édition 2020, l’option et le mot d’ordre seront une célébration à domicile. Si la même option reste dans d’autres foyers comme celle de la famille d’El Hadji Omar Tall, d’autres foyers religieux dont Médina Baye de Kaolack, seront les points de convergence des fidèles de divers horizons.

Dans cette nuit du jeudi 29 au vendredi 30 novembre, le monde musulman ou une bonne partie va célébrer le Mawlid Naby ou Gamou marquant la naissance du Prophète Mohamed (Paix et salut sur lui). Les musulmans, particulièrement ceux du Sénégal, vont sacrifier à la tradition pour commémorer cet évènement. La naissance du Prophète, Mohamed est commémoré à la date du 12e jour de Rabia Al Awal, troisième mois de l’année musulmane.

CELEBRATION EN MODE COVID 

Cette célébration revêtira des formes qui seront nettement différentes de celles des années précédentes du fait de la pandémie du Covid 19 avec son lot de risques et d’incertitudes. Considéré jusqu’ici comme un événement majeur de la cité religieuse de Tivaouane, le Gamou ne sera célébré que suite à la décision prise par le Khalife général Serigne Babacar Sy Mansour. Si l’autorité religieuse de Tivaouane a poursuivi sa dynamique d’annuler ziar en suspendant l’un de ses plus grands rassemblements, elle est toutefois restée dans l’esprit en autorisant aux fidèles musulmans un Gamou à domicile et consacré à des actes de dévotion. En d’autres termes, il s’agit le temps d’une nuit qui sera dédiée à la spiritualité à la réappropriation du modèle prophétique Mohamed (Paix et Salut sur Lui), l’apôtre annoncé comme le l’Elu, le Sauveur et celui qui est porteur d’un message universel. Ce, au lendemain de la récitation des dix chapitres du «Burdah» (panégyrique du Prophète) déjà bouclée, ce mardi 23 avant la journée de repos qui été observée hier mercredi. Cette récitation entre en droite ligne dans cette tradition établie depuis 1902 par Seydi El Hadji Malick Sy dit Maodo.

Principal propagateur de la voie mystique Tidjane au Sénégal et grands bâtisseurs de mosquées et de Zawia, le fondateur du foyer religieux de Tivaouane, on le rappelle, est considéré comme le plus grand promoteur du Gamou au Sénégal. C’était à travers son retentissant appel qui fait depuis lors, office de viatique et auquel il appelle les disciples à venir le célébrer avec lui à Tivaouane, tant que cela reste dans le cadre de la «bonne moralité». «Célébrons la nuit de la naissance du Sceau des Prophètes, Seydina Mohamed (PSL). Mais à la condition que cela ne conduise vers des actes blâmables», avait-il déclaré. Autrement dans la stricte observance des principes de l’Islam et hors de tous actes proscrits par la Charia ou la Sunna.

Dans un contexte marqué par l’occupation coloniale et une société où la culture “Ceddo”, était très forte, Maodo Malick avait tout simplement trouvé la parade. Dans sa stratégie qu’il a déroulée, toutes les occasions étaient pour lui bon pour contrer ces derniers et guider les gens vers la voie de Dieu. Pour le guide religieux, la vulgarisation de la biographie du Prophète «Sira nabawy», de son enseignement ont été des moyens efficaces pour entretenir la flamme et leur amour pour leur Prophète (PSL). Il s’approprie cette «Innovation positive» (Bida Hassana) qui est le Gamou pour glorifier cet homme exceptionnel qui est Seydina Mouhamed (PSL) et en faire un moment intense de dévotion, de rappel et de relecture du message prophétique. Car, selon lui, se trouvent «honneur, bénédiction et résolution des difficultés». Les grands propagateurs de l’Islam et tous les autres foyers religieux resteront aussi dans ce sillage en donnant corps à ce noble projet qui prend un grand essor à partir de 1902 à la cité de Tivaouane.

MEDINA BAYE S’OUVRE ; FERMETURE AU «RAWDOU» THIERNO SAÏDOU NOUROU TALL

Cette même option de ne pas célébrer le Mawlid sera également observée au sein de la famille omarienne. Celle-ci a décidé cette année pour cause de covid 19 de l’annulation de la cérémonie du Gamou, ainsi que de la Ziarra annuelle. Mais aussi en invitant les fidèles à célébrer le Mawloud A Nabi chez eux en lieu et place de la Rawdou (mausolée) de Thierno Saidou Nourou Tall et Thierno Mountaga Tall. Si la crise sanitaire a largement influé sur la tenue du Mawloud à Tivaouane, il ne l’est pas pour les d’autres grands foyers. Malgré la pandémie de coronavirus, Médina Baye de Kaolack, la cité religieuse de Cheikh Ibrahima Niasse, a décidé de célébrer le Mawlid après avoir, par la voix de son porte-parole Cheikh Mahi Cissé, rappeler aux pèlerins le respect des mesures barrières et de toutes les dispositions nécessaires.

NUIT POUR VISITER LA BIOGRAPHIE DE SEYDINA MOUHAMAD : La vie du Prophète, un viatique pour les croyants
 
Il faut rappeler que cette noble naissance du Prophète de l’Islam se situe environ à l’an 600 après le rappel à Dieu du Prophète Insa (Jésus). «C’est en ce jour que je suis né et c’est en ce jour que j’ai reçu la prophétie», avait lancé le Prophète Mouhamed (PSL) dont le monde commémore dans cette nuit du jeudi 29 octobre au vendredi 30 octobre correspondant à la date du 12e jour de Rabia Al Awal, troisième mois de l’année musulmane.
 
Dans un contexte marqué par une vague d’indignation des musulmans de tout bord suite à des propos islamophobes et blasphématoires, le Gamou est aussi une occasion de rappeler le modèle de Seydina Mohamed. El Hadji Malik Sy dans son œuvre «Khilazou Zahab» ou l’or décanté ressortira comme nombre d’érudit la quintessence du «Meilleur des créatures» et le sens d’une célébration. Il faut rappeler que le Prophète a vu le jour dans un contexte où Allah n’avait envoyé aucun autre Messager. La terre entière était dans «l’obscurité» et avait oublié Dieu, les prêches des Prophètes. Place était faite aux idoles que l’on adorait, à la consommation de boissons alcoolisées et enivrantes et aux jeux de hasard.

Le monde était, en réalité, dans le plus grand égarement. Il était alors impérieux qu’un Messager vienne transmettre les prescriptions divines mais également, orienter l’Humanité tout entière ainsi les Djinns (génies) vers le chemin qui mène à un Dieu unique. C’est à La Mecque, que son messager vit le jour un lundi 12 du mois de «Rabi’al Awwal» de l’année de l’éléphant. Cette naissance de Mohammad, coïncide avec plusieurs événements à travers le monde. Son père Abdallah s’éteint deux mois avant sa naissance et sa mère Amina suivra alors qu’il était âgé de 6 ans. Pris en charge par son grandpère Abdou Mouttalib, le Prophète Mohammad avait très tôt cultivé une force morale, de bonnes manières, une honnêteté et une loyauté au point qu’on l’a appelé “Al-Amine” (le digne de confiance). C’est à la dixième année de la révélation que le prophète Mohammad perdit son oncle Abou Talib, suivit de son épouse Khadija. Il sera maltraité par le peuple de Ta’if lorsqu’il tenta de leur délivrer le message. Ce fut une année de tristesse pour le prophète. Mais Allah envoie l’ange Gabriel, pour l’élévation suprême du corps et de l’esprit aux cieux.

 «AL ISRA WAL MI’RAJ» (LE VOYAGE NOCTURNE) QUI CHANGE LE DESTIN 

Un voile séparait le prophète de son Seigneur et c’est là que Dieu offrit le plus grand cadeau à Mohammad : Les cinq prières quotidiennes, le deuxième pilier de l’Islam. A la suite de ce voyage, les persécutions avaient continué. Contraint à l’exil, après treize années d’appel à l’Islam à La Mecque, l’Envoyé de Dieu en compagnie des “convertis” à l’Islam, immigra dans la ville de Yathrib (future Médine), située à environ 400 km de La Mecque. C’est dans cette cité Médine où la religion va s’épanouir. On proposa à Mohammad avec sa communauté l’hospitalité. Mohammad devint le chef de ce nouvel Etat. Les gens à Médine convaincus par les bienfaits de l’Islam, l’embrassent. Toutefois, les Mecquois restaient déterminés à éliminer la communauté musulmane. C’est au cours de la deuxième année de l’hégire, pendant le mois de Ramadan et après de nombreuses persécutions qu’Allah donna la permission d’organiser sa défense. En 629, huitième année de l’- Hégire, le prophète Mohammad va décider de se rendre à La Mecque avec une armée de dix milles hommes pour s’emparer de la ville sans effusion de sang et sans esprit de vengeances. Il fit également preuve de toute humilité, tandis que tous ses ennemis le regardaient. Il pardonna aux plus grands ennemis de l’Islam, face à cette miséricorde, les gens de La Mecque embrassèrent l’Islam sans contrainte. Dieu le Très Haut, rappela son prophète à l’âge de 63 ans dans sa maison à Médine. Il laissera derrière lui que quelques biens, le monde à ses pieds sans un dinar à son nom. Mais avec un patrimoine que sa communauté s’évertue à perpétuer jusqu’à la fin des temps.



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