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Plus de 13 milliards divisent l’Etat et les travailleurs du Port de Dakar


Rédigé le Jeudi 2 Juillet 2020 à 11:00 | Lu 70 commentaire(s)



L’Etat, par le biais de l’Assemblée générale qui s’est tenue ce lundi, réclame tout le pactole des bénéficies qui, en réalité, avoisinent les 14 milliards. Et ceci alors que le même Etat a déjà perçu ces 3 milliards d’impôt de l’exercice écoulé.

Et les travailleurs disent net. Contacté, le Délégué du Personnel Ousmane Thiaré Sarr dénonce un ‘’hold-up’’. Car, estime-t-il, ‘’L’Etat, en tant qu’actionnaire unique peut certes prélever une partie des bénéfices mais toute la totalité’’.

En vérité, le Conseil d’Administration du Port avait déjà avalisé le budget d’investissement que la Direction générale lui avait soumis. Il s’élève à 70 milliards et avait pour finalité de financer des travaux de voirie interne, des rails parce que Dakar est le seul Port sans rail et surtout un guichet unique, un projet-fare qui permettrait au Port d’être concurrentiel au niveau des côtes ouest-africaines.

La seule condition que le Conseil d’administration avait posée, est que le Port pourvoie à la recherche de ses propres financements.

Mieux, d’après le délégué du personnel, ‘’c’est une première’’. En général, ce qui se passe, c’est que l’Etat, comme dans d’autres pays, aide le Port à assumer ses dépenses d’investissement pour la compétitivité de l’entité.

L’année dernière par exemple, sur les 9 milliards de bénéfice réalisés pour la première fois, les travailleurs avaient reçu un milliard au moment où l’Etat, moins gourmand alors, avait prélevé ses impôts et avait demandé qu’on lui alloue une partie des bénéfices nets, c’est-à-dire 2 milliards. Et tout le monde était satisfait.

Mais, cette année, l’Etat entend tout prendre et ne rien laisser ni aux travailleurs, ni à la Direction générale. Ce qui, de facto, va oblitérer tous les projets du Port et amenuiser ses chances de faire face au concurrent le plus tenace, Abidjan.

Tenez, par exemple, au même moment, le port d’Abidjan a reçu 550 milliards de son Etat.

On comprend alors aisément pourquoi les travailleurs veulent s’ériger en boucliers. Il s’agit, selon Sarr, ‘’d’une bataille pour la préservation de l’outil de travail’’.

Car, pour ces travailleurs, le Port de Dakar est menacé. D’autant plus qu’ils estiment que c’est la première fois que l’Assemblée générale va à l’encontre des résolutions du Conseil d’administration.

Pourtant, à y regarder de près, ces bénéfices, qualifiés d’exceptionnels, ne sont pas tombés du ciel.

Il a fallu, de la part du nouveau Directeur général Aboubacar Sadikh Bèye, d’engager des réformes ‘’courageuses’’ parce que non-populaires qui ont abouti, grâce à l’engagement et à la complicité des travailleurs, à ces résultats inédits.

Or, ces travailleurs ne souhaiteraient pas voir tant de sacrifices s’envoler parce que simplement l’Etat a décidé d’être frileux.

Et ils ne veulent nullement entendre parler de Coronavirus car, ‘’la Covid-19 a bon dos’’ estime Ousmane Thairé Sarr qui, amère, martèle que jamais ils ne se laisseront faire.

En clair, si l’Etat persistait dans sa volonté de s’accaparer de tous les bénéficies du Port, les travailleurs, soutenus par tout le secteur privé de la société nationale, n’hésiteront pas, par diverses formes de lutte, à s’ériger en boucliers.

Avec un chiffre d’affaire de plus de 61 milliards, le Port a réalisé un bénéfice net de 13 milliards et n’entend pas accepter que cet argent soit raflé par l’Etat sous prétexte seulement qu’il est actionnaire unique. Il faudra penser à la survie de la boite, à son épanouissement et à celui de ses travailleurs.

C’est pourquoi, Sarr interpelle le Président de la République Macky Sall et espère que ‘’cette injustice sera corrigée dans les plus brefs délais’’.



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