LATERANGA.INFO
LATERANGA.INFO

Professeur décapité près de Paris après avoir montré des caricatures de Mahomet: 9 gardes à vue dont deux parents d’élèves


Rédigé le Samedi 17 Octobre 2020 à 12:34 | Lu 222 commentaire(s)


Un professeur a été décapité ce vendredi, en fin d’après-midi, à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines). Son agresseur présumé, un Tchétchène de 18 ans, a été abattu par la police dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise), relate l’AFP. Il a succombé à ses blessures. Quatre personnes de l’entourage familial de l’assaillant, dont un mineur, ont rapidement été placées en garde à vue après les faits. Cinq autres ont ensuite interpellées plus tard dans la nuit, dont un parent d’élève heurté par des caricatures de Mahomet présentées en classe à titre explicatif. L’Élysée a indiqué samedi qu’un “hommage national” serait rendu à l’enseignant.


Professeur décapité près de Paris après avoir montré des caricatures de Mahomet: 9 gardes à vue dont deux parents d’élèves

Parmi les neuf gardes à vue survenues depuis les faits, des membres de la famille de l’auteur - ses parents, son grand-père et son petit frère mineur d’âge - ont été interpellés à Evreux (Eure) dans la nuit de vendredi à samedi. 

Mais également des proches de son entourage non-familial, dont un couple, et au moins un parent d’élève du collège où travaillait la victime. Il s’agit d’un père (et probablement de son épouse) qui avait eu un différend avec l’enseignant sur les caricatures de Mahomet qu’il avait montrées en classe. Le père en garde à vue est celui qui s’était indigné, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que l’enseignant ait montré des caricatures d’un “homme nu” pendant un cours dans la classe de 4e de sa fille. Ce n’est par contre pas lui qui a décapité l’enseignant. 



L’auteur

L’assaillant a par ailleurs bien été identifié comme un jeune homme de 18 ans d’origine tchétchène né à Moscou, selon la source judiciaire, et non un Algérien né en 1972 comme évoqué précédemment. Il était connu pour des antécédents de droit commun, mais disposait d’un casier vierge, et n’était pas connu pour sa radicalisation. 

 

Qui était la victime?

La victime, Samuel Paty, était un professeur d’histoire du collège Conflans-Saint-Honorine. Ce quadragénaire, père de famille connu pour son investissement auprès de ses élèves, était “très apprécié”, a assuré un témoin dont le fils de 13 ans fréquente le collège. La victime avait récemment donné un cours à ses élèves sur la liberté d’expression et avait montré les caricatures de Mahomet. 

L'un de ses amis lui a rendu un vibrant hommage sur les réseaux sociaux, mettant un visage sur le drame:



Les faits se sont déroulés vers 17h. Les policiers de la Bac de Conflans-Saint-Honorine sont intervenus après le signalement d’un individu suspect à proximité d’un établissement scolaire. Sur place, les policiers ont découvert la victime, décapitée. L’auteur s’est enfui vers la localité voisine d’Eragny. Les agents ont tenté de l’interpeller mais, armé d’une arme blanche, il refusait d’obtempérer et hurlait “Allah Akbar”. Ils ont ouvert le feu. Grièvement blessé, il a finalement succombé à ses blessures. Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d’une suspicion de gilet explosif. 

© AFP

Message posté sur Twitter

Les enquêteurs s’intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime. Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l’agresseur ou une autre personne. Sous cette photo, un message adressé au président français Emmanuel Macron, “le dirigeant des infidèles”, dit notamment: “j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad”. 

Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’affaire: l’enquête a été ouverte pour “assassinat en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”, a indiqué le parquet. Quatre personnes, dont un mineur, ont été placées en garde à vue dans la nuit. Ces personnes sont issues de l’entourage familial de l’assaillant, qui a été tué par des policiers, selon cette source.
 

Circonstances du crime

Le choc et l’incompréhension dominaient vendredi soir chez les riverains rencontrés par l’AFP dans ce quartier pavillonnaire, qu’ils décrivent comme calme et sans histoire. Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d’élèves, dit avoir reçu un signalement vendredi dernier qui faisait état “d’un père extrêmement énervé” après la publication en classe d’une caricature de Mahomet. La victime aurait, selon M. Arenas, “invité les élèves musulmans à sortir de la classe” avant de montrer une caricature du prophète accroupi avec une étoile dessiné sur ses fesses et l’inscription “une étoile est née”.

“Il n’a pas fait ça méchamment”

© AFP

“Mon fils était dans la classe le jour où le professeur les a fait sortir parce qu’ils étaient musulmans, parce qu’il devait montrer une caricature du prophète”, a expliqué à l’AFP un parent d’élève ayant requis l’anonymat, dont le fils est en classe de 4e. “Il n’y a qu’une petite fille qui est restée, qui n’a pas voulu sortir, c’est cette petite fille-là qui a dit qu’il avait montré la photo d’un homme tout nu”, a-t-il poursuivi. “Apparemment, il n’a pas fait ça méchamment, mon fils m’a dit qu’il a fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas être vexés, pour ne pas être choqués”, a encore ajouté ce parent d’élève.

Hommage national prévu

L’Elysée a indiqué samedi qu’un “hommage national” serait rendu à l’enseignant. Cet hommage, dont la date n’est pas encore fixée, est organisé en coordination avec la famille, a précisé l’Elysée à l’AFP.

Emmanuel Macron s’était rendu vendredi soir au collège Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Le chef de l’État était accompagné du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, et rejoint ensuite par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Le professeur a été la victime d’un “attentat terroriste islamiste caractérisé”, a-t-il déclaré. “L’obscurantisme ne gagnera pas”, a-t-il ajouté. Il a également souligné que “la nation toute entière” était aux côtés des enseignants pour les “défendre”. 




Politique | Société | Economie | International | Sports | Santé