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ROUVRIR L’ECOLE, OUVRIR L’ECHEC DE CERTAINS ELEVES ?


Rédigé le Vendredi 19 Juin 2020 à 16:50 | Lu 133 commentaire(s)



ROUVRIR L’ECOLE, OUVRIR L’ECHEC DE CERTAINS ELEVES ?
L’école sénégalaise, du préscolaire au supérieur, a affiché portes closes depuis plusieurs
mois pour des raisons de sécurité sanitaire contre le Covid 19. Le 02 juin dernier nous
avons assisté à un inédit et triste « avortement » de réouverture des classes dû à une
infection d’une dizaine d’enseignants. En posant les mots de cette contribution
citoyenne, une question tourne dans ma tête : rouvrir les classes en cette période
d’hivernage n’est-elle pas hypothéquer l’égalité des chances des élèves ? Je n’ai pas
envie d’être protecteur mais j’expose ce dilemme à notre gouvernement puisque cette
ré(ré)ouverture du 25 juin 2020 nécessite obligatoirement des préoccupations auxquelles
il faut s’y mettre dès à présent. Mais pourra-t-on reprendre le cours des cours comme
avant ?


Juin-Août, nous sommes en plein hivernage au Sénégal, du moins dans certaines localités du
pays. Qui dit hivernage dit une période particulièrement pluvieuse surtout sur l’axe sud
(Ziguinchor-Sédhiou-Kolda-Tambacounda-Kédougou). Par conséquent, cette réouverture des
classes, ce 25 juin à venir, au de-là du Covid 19 posera réellement un manque d’égalité de
chance pour les élèves en classes d’examen et infectera probablement sur les résultats.
Ce manque d’égalité de chance, bien qu’ayant toujours existé, sera accentué cette fois par la
combinaison de plusieurs facteurs qu’il serait quasi impossible de parer d’ici là.
D’abord, il est indéniable de reconnaître que c’est sur l’axe sud du pays où on enregistre
toujours les plus fortes pluviométries. Ensuite, c’est sur cette même ligne où on dénote le 1/3
d’abris provisoires avec un manque de moyens de travail (toilettes, eau, électricité…). Enfin,
c’est sur cet axe également qu’on dénombre les plus fort taux d’écoles inondées, des salles de
classes impraticables, des moyens de transport pour se rendre à son établissement difficiles,
des pluies diluviennes à même d’empêcher la sortie des maisons pour vaquer à ses
occupations parfois.

A contrario des grandes villes qui souffrirons moins de ce fait : hivernage où les élèves
étudient dans de très bonnes conditions avec des infrastructures modernes et encadrés par des
enseignants très expérimentés en grande partie. Les élèves de certaines zones n’auront pas la
chance de combler le quantum horaire imparti et de recevoir à temps échu les cours. C’est

encore là un handicap de plus. Outre ces facteurs, il faut mettre sur la balance des maux
l’insécurité en temps d’hivernage dans ces zones (morsure serpents, scorpion, foudre…)
De cette analyse, il relève donc de lapalissade de dire que les élèves qui ont pour moyens des
abris provisoires pour étudier auront les mêmes chances que les autres pour réussir à leurs
examens (CFEE, BFEM,BAC). Tout est réuni pour faire échouer beaucoup d’élèves. Entre
sauver l’année scolaire et sauver l’avenir d’une jeunesse quoi choisir ?


L’option de nos gouvernants est claire : Il faudra rouvrir les écoles. Rouvrir les écoles
éventuellement certes, on ne peut pas les laisser fermer toujours, le temps de trouver un
vaccin mais ne serait-il pas mieux de mettre tous dans les conditions minimalistes de réussite
sensiblement égale pour assurer l’équité et l’égalité de chance. Il est vrai qu’il n y aura pas de
miracle peu importe la décision qu’on prendra, il y aura toujours une zone d’incertitude par ce
qu’il y a des facteurs tellement impondérables. Mais au moins l’Etat doit en cette situation
spéciale, mettre les moyens en se souciant plus de sauver les élèves que l’année.
Pourquoi se précipiter étant donné que des assermentés de l’éducation soutiennent que
jusqu’en décembre on peut bel et bien sauver l’année. En cela, le spectre d’une année blanche
est loin. Et pourquoi ne pas rouvrir en septembre-décembre et démarrer l’année scolaire
2020/2021 en janvier 2021 ? Qu’est ce qui justifie réellement cet empressement ? Le
mimétisme ou copie coller avec la France ?

En définitive, la perspective de réouverture des classes ce 25 juin 2020 suscite bien des
réactions du principe fondamental de l’égalité des chances entre élèves de différentes
zones que l’Etat du Sénégal a oublié dans ses décisions. Les épreuves seront les mêmes
pour tous partout sur l’étendue du territoire sans aucune prise en considération
particulière de certains facteurs. En cela, mettrait-on en position d’échec anticipé
certains élèves ? Alors que beaucoup s’inquiètent des conditions de ce retour, certains
réclament un vrai temps de réflexion pour repenser l’école après cette crise

Nicolas Silandibithe BASSENE


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