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Rupture du dialogue entre le pouvoir et l’opposition: Les raisons d’une impasse (Par Serigne Saliou SAMB)


Rédigé le Vendredi 26 Février 2016 à 06:00 | Lu 257 commentaire(s)




Une fois encore, le dialogue politique est en panne au Sénégal ! La faute revient aux différents protagonistes de l’espace public national qui ont du mal à se départir de leur égoïsme personnel et de leur rancune très tenace vis-à-vis de leurs adversaires. Mais, il faut l’avouer, c’est le président Macky Sall qui porte la plus grande responsabilité dans cette crise qui, si l’on y prend garde, pourrait durablement affecter la crédibilité des institutions de la République. Et pour cause, malgré sa bonne fois que tous les esprits libres lui reconnaissent, il s’est laissé berné et rabaissé par certains de ses conseillers et de ses alliés qui n’ont aucun souci du devenir de la nation, pourvu seulement qu’ils continuent de bénéficier des avantages liés à leur station dans l’appareil d’Etat.

Pourtant, jusque dans les rangs de l’Apr, des voix se sont élevées, pour mettre en garde le successeur de Wade, contre les idées anachroniques de quelques uns de ses collaborateurs qui risquent de le couper des réalités du peuple. Aujourd’hui, les supplications de ces «dissidents» sont devenues inaudibles et ils passent, aux yeux des faucons du Palais, pour des anticonformistes qu’il faut combattre à tout prix. Mais, ce qui est le plus choquant dans cette affaire, c’est le constat désabusé des Sénégalais qui voient ces énergumènes occuper le devant de la scène, l’insulte à la bouche et l’insolence en bandoulière, pour clouer au pilori tous ceux qui se démarquent du revirement du président de la République. Une attitude très désinvolte qui a fini par ulcérer les membres de la société civile et les principaux partis d’opposition qui ont juré la perte de Macky Sall. Et comme pour accentuer davantage la césure entre le pouvoir et une partie du peuple, quelque 45 universitaires, spécialistes du droit et de la science politique, ont trempé leur plume dans le vitriol, pour vouer le chef de l’Etat, son conseiller juridique Ismaïla Madior Fall et les juges du Conseil constitutionnel aux gémonies. Ce qui nous pousse à lancer un cri d’alarme, car face à cette guerre des tranchées entre le pouvoir et l’opposition, il n’y a plus d’arbitre.

L’Assemblée nationale est discréditée depuis longtemps et l’institution judiciaire est malmenée, si elle n’est pas tout simplement insultée tous les jours dans la presse. S’y ajoute le silence bruyant des marabouts et autres leaders d’opinion qui sont pourtant écoutés par la majorité de nos concitoyens. L’impasse est donc totale surtout quand on sait que les ultras du camp du pouvoir ne veulent pas entendre parler d’un éventuel report de la date du référendum prévu le 20 mars prochain, nonobstant la volonté de leur mentor qui prône (tardivement certes) un dialogue inclusif sur les grandes questions de l’heure…

Il appartient maintenant aux démocrates de tous bords, de consentir les sacrifices idoines, pour sauver notre modèle démocratique qui, par les vertus du dialogue, de la concertation et de la recherche du consensus, a toujours fait la fierté du Sénégal en Afrique et partout dans le monde.



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