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Serigne Fallou Mbacké (1945-1968), la foi mouride


Rédigé le Mardi 2 Avril 2019 à 14:02 | Lu 193 commentaire(s)



Serigne Fallou Mbacké (1945-1968), la foi mouride

Les historiens mouride rapportent la naissance de Cheikh Mouhamadou FADEL à 7 mois de celle de Cheikh Mouhamadou Moustapha son aîné, soit le 27 du mois de Rajab qui coïncide avec le jour du voyage nocturne ( Al Isrâ ) et l’ascension ( Wal Mihrâj ). Cette naissance a eu lieu à Darou Salam en l’an 1305 de l’hégire du Prophète (PSL) soit 1887/88 de l’an romain. Sa mère s’appelle Sokhna Awa Bousso ; elle est originaire de Affé dans le Sud du Djoloff. Il débute ses humanités chez Serigne NDame Abdou Rahmane LO à Darou Halimou-l-Kabîr, village plus connu sous le nom de Ndame (banlieue de Touba). Il y effectuera plus tard le « Tadjid » (ou l’art de comprendre le texte coranique) avec son oncle Mame Mor Diarra puis avec Mame Thierno Birahim, Ndamal Darou. Il vit avec son père, Cheikh Ahmadou Bamba, à Mbacké-Bâri et fait aussi partie de ceux qui l’ont rejoint lors de son exil à Thiéyéne. C’est là-bas que le Cheikh, l’ayant un jour réuni avec son frère Cheikh Mouhamadou Moustapha et son cousin Mor Rokhaya BOUSSO, leur a tenu ce discours : « Je ne suis le père, ni le frère, ni l’oncle d’aucun d’entre vous. Je suis une créature vouée au Service de son Seigneur. Et ceux d’entre vous qui auront choisi de suivre le chemin tracé par mon Seigneur, ceux- là seuls, seront mes fils, mes frères, mes neveux, mes talibés », C’est ce jour-là qu’il a renouvelé son serment d’allégeance et son engagement indéfectible de demeurer au service du Cheikh. Ainsi, il a écrit dans un beau poème : « Nos espérances reposent en toi, ô toi qui nous a ouvert les portes de la Félicité. Je t’échange en ce jour mon rang de fils en contrepartie de l’honneur d’être ton disciple. Et quand tu daigneras me gratifier de cet honneur insigne, je te prierai de l’accepter comme mon offrande de disciple ».Quelle belle soumission. Après quatre années de séjour en Mauritanie, Cheikh Mouhamadou FADEL reste encore avec son père à Thiéyène puis à DIOURBEL à partir de 1912. Il est rapporté que de là en 1927, date de la disparition du Cheikh, il a fait de mémoire 28 copies reliées du Saint Coran dont il fait don à son père. Il lui a offert également sa maison, sise alors avenue de la gare à DIOURBEL, qui a été une belle demeure couverte de tuiles rouges avec, à chaque angle, le signe de l’étoile et du croissant. Le Serviteur du Prophète lui a exprimé ce jour-là sa reconnaissance par le biais d’un verset qui a accordé à Dieu Seul le pouvoir de le récompenser.

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C’est également à l’issue de ses recherches que la carrière de Ndock a été découverte et que le Cheikh lui a assigné comme but de sa vie l’édification de la Mosquée de TOUBA. Huit mois après la disparition de son père, Cheikh Mouhamadou FADL a entrepris le Pèlerinage aux lieux Saints de l’Islam en compagnie de ses oncles le richissime Mame Cheikh Anta Mbacké et Serigne Mbacké Bousso, de El Hadj Mayoro Fall, Serigne Moulaye Bousso, Serigne Mandiaye Diop et de Serigne Ibrahima Dia. Il a fait, raconte-t-on, des miracles lors de ce pèlerinage des miracles. Les liens unissant Serigne Fallou et la Famille de Cheikhoul Khadim ont toujours dépassé de loin le cadre de la consanguinité. En 1945, Serigne Fallou, devenu second khalife, se bat corps et âme pour l’achèvement des travaux de la Grande Mosquée après la disparition de Serigne Mouhamadou Moustapha. Il a eu l’insigne bonheur, le 7 Juin 1963, d’en procéder à l’inauguration et d’y diriger la première prière en présence du Président Senghor. Fidèle en amitié, il a combattu le président Mamadou Dia jusqu’à son incarcération dans lesgéoles de Kédougou pendant dixsept ans. GALASS DOU MOROM. Son khalifat est encore évoqué de nos jours comme une période particulièrement faste pour le pays. Ami de Serigne Babacar SY le Khalife Général des Tijanes (1922- 1957), il lui a rendu souvent visite à Tivaoune afin de discuter avec lui des questions de l’heure. Les Sénégalais, toutes confessions et toutes ethnies confondues, le considèrent comme un vrai thaumaturge, un homme qui a reçu du Créateur le pouvoir de faire des miracles. Ouvert et disponible, il n’a cessé durant son existence terrestre de donner des leçons de vie. Un philosophe à sa manière. Un talibé sans gêne lui a demandé, un jour, une maison ; il lui réplique qu’il faut se débrouiller pour avoir une résidence à soi. C’est dans la nuit du 06 août 1968 que El Hadj Mouhamadou Fallou Mbacké s’est éteint à TOUBA. Une douleur indescriptible frappe la Mouridiyya.

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