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Somme "dérisoire de 50 000 Fcfa": les fonctionnaires demandent l’augmentation de l’avance Tabaski...


Rédigé le Mardi 30 Juin 2020 à 14:10 | Lu 91 fois | 0 commentaire(s)


Les agents de la Fonction publique vont toucher ce mois-ci leur avance pour la fête de Tabaski. Une somme qu'ils trouvent insuffisante pour faire face à un événement aussi dispendieux surtout dans un contexte de covid 19.


Somme "dérisoire de 50 000 Fcfa": les fonctionnaires demandent l’augmentation de l’avance Tabaski...
De toutes les fêtes célébrées au Sénégal, la Tabaski est celle qui nécessite le plus de dépenses. C'est pourquoi les fonctionnaires, pères de famille surtout, n'arrivent toujours pas à comprendre pourquoi l'Etat peine à revoir à la hausse la somme de cinquante mille francs (50.000) francs qui leur est allouée à cette occasion. Demba Ndiaye, un directeur d'école, confie que « cette somme était de 35.000 francs. C'est le président Wade qui l'a augmentée à 50.000 francs. Et ça date d'au moins quinze ans. Entre-temps, le coût de la vie a beaucoup augmenté. Je me demande aujourd'hui ce que cette maudite somme peut régler. Il est vraiment urgent qu'elle soit revue à la hausse sinon on ne va pas s'en sortir » proteste-t-il.

Il n'est pas le seul à penser cela. Sada Guèye, agent de la fonction publique comme lui, va plus loin. « Chaque année, je suis obligé, en plus de mon avance, de faire un prêt spécial Tabaski d'au moins 100.000 francs au niveau de ma banque pour pouvoir assurer l'essentiel de mes dépenses. Je pense que l'Etat pouvait nous épargner toutes ces difficultés en revoyant à la hausse cette maudite somme de 50.000 francs. Je suis marié et père de trois enfants. Et rien que leur habillement équivaut à cette avance ou plus. Le mouton qui coûtait 40.000 francs il y a dix ans vaut actuellement 100.000f au bas mot. Je n'ai pas encore parlé des besoins de mon épouse et des dépenses qui doivent accompagner le mouton » calcule notre interlocuteur.

Dans un contexte d'inflation des prix, il ne comprend toujours pas ce qui empêche d’augmenter l'avance de Tabaski, d'autant plus que « l'Etat ne nous donne rien gratuitement. C'est de l'argent qui nous appartient et qu'on rembourse jusqu'au dernier centime. Donc, rien n'explique que depuis plus d'une décennie on soit bloqués à 50.000 francs seulement pour une fête qui demande énormément de dépenses. J'interpelle directement le président de la République à penser à satisfaire cette doléance qui date de longtemps et qui intéresse tous les fonctionnaires. Si un de ses conseillers m'entend, je lui demande de lui dire que les fonctionnaires réclament à l'unanimité la hausse de l'avance de Tabaski » ajoute Sada Guèye.

Plusieurs formules possibles
Cette année, la fête de Tabaski sera célébrée dans un contexte particulier de pandémie du coronavirus. Une situation qui ne sera pas sans conséquences lourdes pour tous les travailleurs y compris les fonctionnaires bien qu'ils continuent à percevoir leur salaire. Demba Camara, enseignant dans un établissement scolaire de la banlieue dakaroise, nous en donne les raisons. « Nous vivons tous dans de grandes familles. Si les frères qui s'activaient dans des secteurs informels voient leurs revenus diminuer, le fonctionnaire est obligé de débourser plus pour compléter les dépenses » explique-t-il. C'est pourquoi, suggère-t-il, « le président Maky Sall qui avait demandé aux banques de différer les échéances de remboursement des prêts doit les obliger à généraliser cette mesure pour ce mois-ci afin de nous permettre de souffler un peu en cette période de préparation de Tabaski ».

Pour son collègue lbeu Sarr, puisque cette demande n'est pas respectée par les banques l'Etat peut se racheter en offrant gratuitement les avances de Tabaski à tous les fonctionnaires. C'est possible d'autant plus que, selon lui, « les Sénégalais ont mobilisé 1000 milliards pour faire face à la pandémie d'où la nécessité de nous soutenir à titre exceptionnel ». D'autres personnes interrogées sur le sujet pensent que le doublement de l'avance de Tabaski, pour la porter à 100.000 francs, devient même impératif vu la situation du pays. C

'est la position de Mme Soumaré trouvée dans son bureau concentrée devant son ordinateur. « En tant que femme musulmane, j'ai l'obligation de sacrifier un mouton pour la fête. Mais vu la somme insignifiante que l'Etat nous alloue, je me contente de prendre en charge mon habillement et celui des enfants et laisser mon mari se débrouiller pour trouver un mouton » confie-t-elle. D'après elle, les 50.000 francs doivent passer du simple au double remboursables en dix mois moyennant dix mille francs par mensualité. Massamba Diagne, ex-cadre de la Fonction publique actuellement à la retraite, pense quant à lui que la formule la plus simple consiste à doubler les salaires de tous les agents à chaque approche de Tabaski.

Autrement dit, chacun va bénéficier d'une avance égale au montant de son salaire comme c'est le cas pour tous les retraités du FNR (Fonds National de Retraite). Quelle que soit la méthode adoptée par l'Etat, les fonctionnaires ne demandent qu'une chose : la revalorisation de l'avance de Tabaski pour une meilleure prise en charge des dépenses de cet événement qui perturbe chaque année le sommeil de bon nombre de travailleurs. 

Le Témoin



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