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Trump isolé sur la scène internationale après sa décision sur Jérusalem


Rédigé le Jeudi 7 Décembre 2017 à 09:14 | Lu 34 commentaire(s)



Le président américain Donald Trump a déclenché la colère des Palestiniens et une vague de réprobation bien au-delà du Proche-Orient en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, une décision en rupture spectaculaire avec la politique de ses prédécesseurs.

Avec cette décision, qui était l'une des promesses emblématiques de sa campagne, M. Trump s'isole sur la scène internationale et prend le risque de saper les timides espoirs de reprise des négociations tout en risquant de provoquer une poussée de fièvre dans la région.

Position historiquement neutre
Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Même l'Arabie saoudite, traditionnel allié des Etats-Unis, a fustigé "un recul dans les efforts en faveur du processus de paix et une violation de la position américaine historiquement neutre sur Jérusalem", a fait savoir Ryad dans un communiqué du Palais royal cité par les médias d'Etat. Le roi Salmane d'Arabie saoudite, grand allié de Washington, avait prévenu qu'une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans".

Le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé des choix "déplorables", jugeant que Washington ne pouvait plus jouer son rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a de son côté jugé que cette annonce ouvrait "les portes de l'enfer" pour les intérêts américains dans la région.

La Jordanie, la Turquie, mais aussi la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Union européenne ont ouvertement regretté la décision de Donald Trump.

"Manque de courage de mes prédécesseurs"
"Il est temps d'officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël", a lancé le président américain lors d'une brève allocution au cours de laquelle il a revendiqué "une nouvelle approche" sur ce dossier épineux. M. Trump a par ailleurs ordonné de préparer le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, sans fixer de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre des années.

Défendant une décision qui aurait du être prise "depuis longtemps", M. Trump a aussi égratigné ses prédécesseurs qui "n'ont pas fait ce qu'ils avaient dit", peut-être selon lui par manque de "courage".

"Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties", a-t-il martelé, s'efforçant d'adopter une tonalité conciliante après cette décision extrêmement controversée. "J'ai l'intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord", a-t-il encore dit au pupitre, debout devant un portrait de George Washington.

Netanyahu se frotte les mains
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, a salué un jour "historique" réaffirmant par ailleurs l'engagement israélien à maintenir le "statu quo" sur les lieux saints à Jérusalem.

A la demande de huit pays, dont l'Egypte, la France et le Royaume-Uni, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU a été fixée à vendredi matin. 

"Le jeu des terroristes"
La Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé "une violation du droit international" et de la charte des Nations unies. La Turquie a condamné une décision "irresponsable". Elle a brandi le spectre d'un "incendie" régional en jugeant qu'une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël fait "le jeu des groupes terroristes".

Intifada
L'Iran, bête noire de M. Trump, a jugé que la décision américaine provoquerait une "nouvelle Intifada". Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette décision de "regrettable" et appelé à éviter à tout prix les violences. "Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May, tandis que l'UE faisait part de sa "sérieuse préoccupation". 

Reynders met les Belges de Jérusalem en garde
Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a reçu la nouvelle avec "beaucoup d'amertume, car nous avions envoyé beaucoup de signaux pour faire comprendre que ce n'était pas une bonne solution". La diplomatie belge craint que cette démarche embrase la région. Les Affaires étrangères ont légèrement adapté leur avis de voyage pour Israël où il est conseillé aux Belges présents à Jérusalem de se tenir à l'écart des manifestations qui ont été convoquées. 

Des Palestiniens ont en effet prévu jeudi un rassemblement à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l'armée israélienne depuis 50 ans. La veille, ils étaient des centaines dans la bande de Gaza a avoir brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump.

Désapprobation du pape
Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé Donald Trump à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique.

"Je ne peux taire ma profonde inquiétude", a déclaré le pape François qui ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

Reconnaissant que son annonce était loin de faire l'unanimité, M. Trump a lancé un appel "au calme et à la modération", espérant que "les voix de la tolérance l'emportent sur les pourvoyeurs de haine".



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