LATERANGA.INFO
LATERANGA.INFO

UN POUR TOUS, TOUS CONTRE LE TERRORISME !


Rédigé le Lundi 18 Novembre 2019 à 17:16 | Lu 622 commentaire(s)


Les récentes situations au Sénégal, avec les munitions volées et de la drogue disparue après des saisies des forces de sécurité ne peuvent qu’inquiéter - Le terrorisme est toujours financé par des activités illicites.


UN POUR TOUS, TOUS CONTRE LE TERRORISME !

La septième édition du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité se tient à partir d’aujourd’hui, lundi 18 novembre 2019, pour débattre des questions majeures liées à la sécurité des Etats. Ce forum qui se tient depuis 2013, organisé par le Sénégal, ne pouvait venir à meilleure heure. Les troubles sécuritaires, les situations à risque et les menaces à la stabilité des Etats se multiplient. Les pays africains, notamment ceux de notre sous-région, sont de plus en plus affectés par un tel état de fait. Jour après jour, en parcourant les nouvelles, on se rend compte des menaces potentielles à la stabilité et la cohésion de nos pays. Il est donc logique que les Etats, par l’initiative de leurs plus hautes autorités échangent, se concernent et adoptent des postures communes pour répondre à un mal qui, lorsqu’il se répand, n’épargne personne, même ceux qui ne sont pas directement affectés. La situation chaotique au Mali voisin, les attaques répétées contre le Burkina Faso, renseignent que le mal terroriste agit de façon aveugle et ne se donne aucun répit. Des hordes d’assaillants attaquent des communautés villageoises, pour les décimer et les martyriser. Des expéditions de représailles sont lancées çà et là. Le Mali tombe dans une escalade meurtrière. On peut dire de la même chose du Burkina Faso, du Nigeria ou du Niger.

Le Président Macky Sall ne s’y trompe pas en faisant une escale à Ouagadougou, sur son chemin de retour de Niamey, pour présenter les condoléances du Sénégal au Peuple frère du Burkina, suite à la dernière attaque de Boungou ayant fait 38 morts. Macky Sall y déclarait notamment «qu’aucun pays au monde n’est épargné». Les attaques meurtrières sur la plage de Grand Bassam (Côte d’Ivoire) en 2016 ou de l’hôtel Radisson à Bamako en 2015, ont été effectuées selon le même modus operandi que les attaques des cafés et terrasses le 13 novembre 2015 à Paris. La menace est réelle, des terroristes ne cessent de chercher des voies et moyens pour faire mal et déstabiliser toute la sous-région, pays après pays. Il ne semble exister aucun sanctuaire ou lieu sûr. Les terroristes attaquent les hôtels, les places de marché, les lieux publics et les postes frontières, les casernes militaires et autres postes de police ou de gendarmerie. Des personnes en villégiature ou qui vaquent à leurs occupations courantes, sont enlevées et certaines perdent la vie à l’occasion de ces rapts. Les plages et autres endroits de plaisance sont la cible de terroristes. Le tribut n’est pas que sur le plan sécuritaire. Dans une chronique en date du 20 mai 2019, nous disions que le «Sénégal est plus que jamais dans le viseur des terroristes». En effet, «dans une région en proie à de fortes instabilités, le Sénégal se présente comme la dernière tour que les extrémismes violents n’ont pas encore atteinte. Touchons du bois ! Une telle situation pousse à davantage de vigilance de la part des autorités et une plus grande conscientisation des populations sur les troubles présents dans la sous-région et du poids des menaces. Les efforts déployés sont nombreux, avec des services de sécurité veillant au grain et s’appropriant toute information sur des conduites suspectes ou des velléités de déstabilisation. Au vu des troubles dans les Etats voisins, on peut dire qu’on n’est jamais assez prudent».

Cette situation appelle à de la vigilance, de la responsabilité et davantage de coopération entre les Etats. C’est en coopérant de façon sincère que les risques sont réduits et qu’une capacité de prévention et d’anticipation s’acquiert. Encore une fois, le Sénégal l’a si bien compris pour avoir pris sur lui, d’envoyer le plus gros contingent militaire au Mali. Le partage d’expériences entre les autorités étatiques et leurs différents services s’impose de fait.

Le terrorisme et les extrémismes violents traversent les frontières, font un usage des technologies nouvelles et mènent également des guerres d’information. Au-delà du terrain physique, la menace sécuritaire contre nos pays se déploie sur l’espace numérique, rendant plus compliquée toute opération de prévention et de contrôle. Il va de soi que la gestion de l’information et la sécurité numérique sont des enjeux sur lesquels les Etats seront constamment défiés dans le rôle de garant de la sécurité. Dans une époque où tout peut faire un média, le mal est vite venu par la désinformation et la force amplificatrice du numérique…

La menace terroriste a fini d’être un imbroglio avec un mélange de conflits ethniques et intercommunautaires, des défaillances sécuritaires passant par les carences des administrations, une fragilisation des frontières et une vulnérabilité prononcée des populations civiles. L’autorité de certains Etats est contestée par des mouvements armés qui ont fini par créer un climat de tensions, de prédation et de conflits entre communautés. Les violences intercommunautaires et les attaques répétées au Mali contre des populations civiles en disent long sur la vulnérabilité des Etats créée par l’exposition à l’extrémisme violent et l’instauration de climats insurrectionnels. Si à cela s’ajoutent des errements et égarements par des autorités ou services compétents, les craintes pour la sécurité de tous sont plus que justifiées. Les récentes situations au Sénégal, avec les munitions volées et de la drogue disparue après des saisies des forces de sécurité ne peuvent qu’inquiéter. En voyant ce qui se produit dans la sous-région ainsi que la complicité entre les extrémistes violents et le crime organisé, demander rigueur et vigilance de la part de nos autorités n’est pas une requête de trop. Tout le monde sait que le terrorisme est toujours financé par des activités illicites comme le grand banditisme, les trafics d’armes, d’êtres humains et de drogues. D’ailleurs, si certaines zones d’orpaillage au Burkina Faso sont devenues des cibles privilégiées d’attaques terroristes ces derniers temps, ce n’est certainement pas par prosélytisme religieux, mais plus pour des raisons bassement financières.

Les plateformes multilatérales offertes pour lutter contre le terrorisme doivent être garantes d’une coopération dynamique pour répondre efficacement aux menaces. Le Forum de Dakar sert ainsi de plateforme aux Etats, aux acteurs de la sécurité, aux organismes internationaux, à la Société civile et à la presse d’adresser les enjeux sécuritaires majeurs et d’y apporter des réponses. L’approche s’avère pertinente depuis le démarrage de ce forum, des propositions concrètes sont faites pour stabiliser le continent, conscientiser sur la menace terroriste et les extrémismes violents et offrir des voies de consolidation des forces de défense et sécurité de nos pays. Le péril terroriste est tout autour de nous, prendre conscience de sa menace, agir de concert pour le prémunir est impératif pour nous tous.

PAR MADIAMBAL DIAGNE




Dans la même rubrique :
< >

ACTUALITÉS | Exclusivité | People | News | Revue de presse | SCIENCE - TECH | Musique | Contribution | Chronique | Emissions et entretiens | Avis-Communiqué-Publireportage | Zero Stress & Insolite | Religion | Coin des femmes | CUISINE | SERIE TV