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VIGILANCE !


Rédigé le Vendredi 6 Septembre 2019 à 10:40 | Lu 526 commentaire(s)


Il est question de codes, vestimentaire et comportemental, susceptibles de favoriser le vivre-ensemble - En un mot cette école ne peut accepter un quelconque repli communautariste, en l’occurrence des personnes qui refusent de serrer la main aux garçons.


VIGILANCE !

Faut-il croire que nous sommes dans un pays qui adore les faux débats ? Ceux qui font dans l’amalgame, l’extrémisme et se refusent à tout jugement capable de prendre du recul et de faire la part des choses. Voilà que nous revient la polémique sur le port du voile avec la volonté manifeste d’en faire une affaire confessionnelle, feignant d’oublier ainsi que l’on a affaire à une école privée catholique. Les places y sont limitées et les frais de scolarité quelque peu exorbitants.

N’obligeant par conséquent personne à s’y inscrire, cette école a désormais édicté un règlement intérieur que tout apprenant et sa famille sont tenus de parapher et d’appliquer. Une école privée catholique, ce qui veut dire que la seule obligation qui incombe à l’Etat, comme pour toute autre structure confessionnelle, est de veiller essentiellement à ce que l’enseignement dispensé soit conforme aux directives de l’Education nationale. Il est par conséquent important de savoir raison garder en rappelant qu’il ne s’agit nullement d’exclusion d’une confession religieuse, ne serait-ce que parce que les élèves de confession musulmane sont majoritaires dans beaucoup d’écoles catholiques, mais de règles dûment établies, valables pour tous. Il est plutôt question de codes, vestimentaire et comportemental, susceptibles de favoriser le vivre-ensemble. En un mot cette école ne peut accepter un quelconque repli communautariste, en l’occurrence des personnes qui refusent de serrer la main aux garçons, de s’asseoir à leurs côtés, de se mêler à la différence.

Cette école peut d’autant moins le concevoir qu’il existe d’autres écoles qui offrent de telles opportunités. Alors pourquoi ceux qui ne s’y sentent pas à l’aise n’inscrivent-ils par leurs enfants dans des structures qui épousent leurs attentes ?  On peut subodorer que s’ils choisissent Jeanne d’Arc c’est à cause de la qualité et de la performance de son enseignement. Et puis faut-il le rappeler, cette école est franco-sénégalaise, et la plupart des parents qui ont les moyens financiers choisissent le programme français autrement plus onéreux pour leurs progénitures. Histoire de pouvoir les inscrire plus facilement dans des universités européennes. Et ce n’est indexer personne que de s’adosser à des faits qui nous disent que la plupart des familles concernées par « l’affaire du voile » sont d’origine libano-sénégalaise et que nombre d’entre elles ont une double voire une triple nationalité. Et qu’elles sont le plus souvent enfermées dans un communautarisme affligeant. Qu’elles parlent les langues du pays, en connaissent la culture, les codes, et que l’on est frappé de constater que leurs événements, heureux ou douloureux, sont souvent célébrés entre eux, comme s’ils mettaient un point d’honneur à ne pas se mélanger aux autres. Les rares personnes qui « tâchent » le décor sont souvent des photographes, chauffeurs et autres domestiques. Et ceux d’entre eux, ils sont rares, qui ont la témérité de briser ces codes, sont mis au ban de la communauté.

Il s’y ajoute, faut-il le rappeler, qu’il existe des espaces religieux qui ont édicté des codes de conduite qui interdisent la consommation d’alcool et de cigarettes et certaines tenues vestimentaires. L’école française y est même bannie. Et la réponse servie est que l’Etat ne peut intervenir car il s’agit d’espaces privés.

Qui ne se souvient par ailleurs des manifestations pré-électorales de la triste période de fin de règne de Abdoulaye Wade ? Lorsque la cathédrale a été profanée en pleine prière par des tirs de gaz lacrymogènes, des hommes et des femmes de confession musulmane, dignitaires religieux compris, ont été en première ligne pour marquer leur solidarité vibrante, militante et citoyenne. Plus tard, lorsque la Zawiya El Hadj Malick Sy a été profanée à son tour, dignitaires et fidèles catholiques, se sont aussi retrouvés au premier rang pour dénoncer l’ignominie.

Tout ceci rend dérisoire l’indexation de la France et ses relents paternalistes. D’autant plus que, la meilleure manière de se démarquer de l’ancienne puissance coloniale et de toute tutelle, c’est de se distancier de la posture déclamatoire en proposant des politiques concrètes basées sur la performance et l’excellence qui réconcilient avec la fierté. Il nous revient par conséquent de faire de nous ce que nous voulons être au lieu de nous poser en victimes qui se défaussent sur les autres et refusent toute introspection.

A dire vrai, nous sommes dans une période d’agitation furieuse et cela nous oblige à ne pas perdre de vue la fragilité de la société sénégalaise. Parce que rien n’est définitivement gagné, il convient de rester vigilants et de ne pas succomber à l’appel des démons de l’avenir. Ils nous guettent. Ils nous cernent.

 

Par  Vieux SAVANE 




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